YAR
41
YAR
physiques autant que par la résistancequ'elle a toujours opposée à la civilisation.Elle habite les arides du Chili et les plainesde l'est, et s’étend du 30 e degré de latitudesud jusqu’au voisinage de la terre de Feu ,où nous trouvons la dernière race ou nationdu nouveau monde, les Pécherais.
Les Araucanos ont, avec la grosse tête, etle visage rond des Américains du Sud, lespommettes hautes et saillantes, le nez courtet épaté, la bouche grande, bordée de forteslèvres. Malgré l’écartement des os malaires,les yeux ne sont pas sensiblement relevés àl’angle externe. La couleur de ces monta-gnards nomades et guerriers est un peumoins foncée que celle de leurs voisins ; onassure même que quelques unes de leurstribus sont blondes et d’un teint clair.
Quant aux Pécherais de la terre de Feuet des îles voisines, ce sont encore des hom-mes de même type, sinon de même race queles précédents, On a beaucoup parlé de leurextrême maigreur, mais elle n’est pas aussigénérale qu’on l’a dit; c’est, d’ailleurs, uneconséquence du pauvre régime de ce peupleichthyophage, à peu près sans industrie,errant d’une île à l’autre sur de misérablescanots; réduit, pour toute arme dépêché etde chasse, à des dards armés de silex, et su-bissant enfin tous les effets directs et indi-vis d’un climat rigoureux. Leurs traitss °nt ceux des Araucaniens ; mais leur ex-pression , loin d’être farouche , a beaucoupde douceur, et annonce une bienveillanceque leur conduite ne dément pas.
Indépendamment des affinités que l’étudedes idiomes américains a permis de saisiren tre les peuples du nouveau continent, etÇm semblent rattacher l’Indien du Canada,Peut-être même l’Esquimaux et le Groën-landais, au Pécherai de l’extrême sud, il se-rait peut-être possible de suivre , à traversvariété si frappante des types septenlrio-naux et méridionaux, une suite de transi-tons qui conduiraient au moins des formesallongées, et du visage haut et arqué deIndien peau-rouge, aux faces rondes et éta-es des races pampéennes et ando-péru-Vl ennes.
^ ais ce que nous disons des différences< I UI diversifient la population de l’Amérique ,nous a vons vu que nous pouvions le dire deT - xiu.
bien d’autres, et ceci nous amène à l’appré-ciation de cette variété de types dont nousvenons de donner un rapide aperçu. Cetteappréciation peut se résumer dans quelquespropositions générales, seule forme qui nouspermette de compléter cet article en en res-pectant les limites obligées.
1° Les types principaux sont évidemmentdans un rapport intime avec les circon-stances des terres habitées par eux, avecla physionomie et les caractères de chaquecontinent. La masse du continent orientalde l’Asie offre son type propre, le typemongol ; celle du continent africain ouméridional a le sien. Entre ces masses, à leurpoint de contact et dans le rayonnementimmédiat de celui-ci, nous rencontrons cetype caucasien qui, sans participer auxtraits distinctifs des deux précédents, sembleappartenir au premier berceau des migra-tions des peuples, et qui s’est répandu et con-servé dans les contrées à climat plus oumoins tempéré, lesquelles, mieux découpéesque les précédentes, réunissent, mieux aussique les grandes masses , les conditions deconservation et de progrès.
2 ° Les types tendent à se reproduire ,sinon dans l’ensemble de leurs caractères, dumoins dans leurs traits les plus saillants surdes points du globe très éloignés les uns desautres, et sans qu’on puisse soupçonner làun fait de filiation direct. C’est ainsi que lesNègres océaniens rappellent dans les îles de laMalaisie la physionomie éthiopienne, et quedans plusieurs des archipels polynésiens nousvoyons reparaître les traits réguliers denotre type. Il suit de là que les populationsempreintes d’un type commun ne représen-tent pas nécessairement des races propre-ment dites, c’est-à-dire, des groupes demême souche , qu’il y a une différence àétablir entre la race et la variété; et noussavons de plus que certaines races ont puéchanger avec le temps les traits d’une va-riété contre ceux d’une autre. Les racespolynésiennes en sont encore un exemple ,car en tant que races, elles se rattachentaux peuples de la Malaisie ; on se rappelleaussi que les Turcs osmanlis ont pris laphysionomie caucasienne.
3° D’un type à l’autre, il y a des transitionsgraduées, et dans chaque type les divers ca-ractères s’effacent ou se prononcent tour à
6