VIORNE. Viburnum. bot. ph. — Genreimportant de la famille des Lonicérées ouCaprifoliacées, sous-ordre des Sambucées,de la pentandrie-trigynie dans le systèmede Linné . Le célèbre botaniste suédois aréuni, pour le former, les trois genres Vi-burnum, Opulus et Tinus de Tournefort.Considéré avec cette circonscription , ilcomprend aujourd’hui environ 70 espèces,toutes frutescentes, qui croissent, pour laplupart, dans les parties tempérées ou mon-tueuses de l’hémisphère boréal, et plus ra-rement dans l’Asie et l’Amérique intertro-picales. Les feuilles de ces arbriseaux sontopposées, généralement dentées en scie oudivisées plus profondément, ordinairementpubescentes ou velues; leurs fleurs blanchesou légèrement rosées forment des corymbesterminaux et présentent les caractères sui-vants : Calice à tube adhérent, à limbesupère, petit, quinquéfide, persistant; co-rolle en roue ou campanulée, ou briève-ment tubulée, à limbe quinquéfide, étalé;cinq étamines égales, saillantes; ovaire ad-hérent, à trois loges renfermant chacuneun seul ovule suspendu, portant trois stig-mates sessiles. Le fruit est une baie sur-montée du limbe calycinal, devenue , parl’effet d’un avortement, uniloculaire et mo-nosperme.
Les espèces de Viornes ont été répartiespar De Candolle ( Prodrom ., vol. IV, p. 323)dans trois sous-genres, qui ont reçu lesnoms de : a. Lentago, DC., correspondantaux genres Viburnum et Tinus, Tourn. ;
b. Opulus , DC., analogue au genre queTournefort admettait sous le même nom ;
c. Solenolinus , DC. , dont le nom rappellele tube de sa corolle plus allongé que dansles deux autres, et dont le type est le Vi-burnum dahuricum , Pall. ( Lonicera Man -golica, Pall.).
C’est au premier de ces sous-genres qu’ap-partient la viorne laurier-tin, ViburnumTinus , Lin. très jolie espèce qui croît spon-tanément dans les parties pierreuses etcouvertes du midi de la France et de l’Eu-rope, du nord de l’Afrique , et qu’oncultive communément dans les jardinscomme espèce d’ornement. C’est un grandarbrisseau toujours vert qui s’élève dans sonpays natal jusqu’à cinq et six mètres, maisqui dépasse rarement trois mètres sous le
climat de Paris . On en obtient même despieds nains pour les élever en pots dans lesappartements. Ses feuilles entières, ovales-aiguës, marquées en dessous d’un réseau deveines velues, ont une verdure foncée ; dèsl’hiver dans le Midi, dès le premier prin-temps sous le climat de Paris , il donne denombreux corymbes, de petites fleurs blan-ches, auxquelles la rareté des fleurs, à l’é-poque où elles se montrent, donne beaucoupde prix. On cultive cet arbuste soit en pleineterre, dans un sol léger, à une expositionombragée, soit en orangerie. Il redoutel’excès d’humidité. — C’est encore dans I emême sous-genre que rentrent: 1° plusieursautres espèces originaires de l’Amérique duNord et cultivées dans les jardins d’Europe »tels que le Viburnum Lentago, Lin., F. nu-dum, Lin., etc. ; 2° une espèce indigène trèscommune dans les haies et sur les coteauxde toute l’Europe jusqu’au Caucase. Celle-ci est la Viorne Mancienne , Viburnum lan~tana , Lin., vulgairement désignée sous lesnoms de Mancienne, Manliane , Maussane »Bardeau , etc. C’est un arbrisseau de deuxou trois mètres, à feuilles ovales en coeurou oblongues, dentées en scie, cotonneusesen dessous ; à baies comprimées, d’abordrouges, enfin noires. Son nom spécifique deLanlana vient, dit-on, de ce que ses rameauxsont assez flexibles (rami lenti ) pour qu’o»les emploie pour liens et, en guise d’osier»à la confection de paniers. L’écorce qui l® 5recouvre est grisâtre, vésicante. Celle desracines, pilée et macérée, donne de la g lu 'Les feuilles et les fruits de cette espèce son*regardés comme rafraîchissants et astrin -gents. On la cultive assez souvent po uïl’ornement des jardins. On en a même ob*tenu une variété à feuilles panachées.
Le type du sous-genre Opulus , DC. est j*Viorne Obier, Viburnum Opulus, Lin.,à l’état spontané, porte le nom vulgaire d*Sureau d'eau, tandis que ses belles varié!cultivées sont connues sous les noms vugai res de Rose de Gueldre , Boule de nei<J 6 'Obier à fleurs doubles , etc. Cette Viorn £croît spontanément dans les haies fraîcb e f>les taillis, dans les lieux couverts et bum 1des. Elle s’élève d’un à trois mètres.rameaux cassants portent des feuilles glab re ^ou à peu près en dessus, plus ou moins P**bescentes en dessous, à trois grands 1°