248
YIP
autres genres de la même famille, des fos-settes ou enfoncements auprès des narines ;les espèces qui le composent n’atteignent pasde grandes dimensions et semblent apparte-nir exclusivement à l’ancien monde. M. Fit-zinger, après avoir formé, parmi les Ophi-diens, la série des Chalinophidia pour ceuxdont la mâchoire est armée de crochets, di-vise cette série en cinq familles dont une,celle des Chersophis , comprend le genre Vi-pera avec les genres Acantophis , Pelias ,Rhinechis , Gongechis , Echidne et Echis. Lemême erpétologiste place les Couleuvresdans la série des Teleophidia, famille desDendrophis.
Outre le caractère spécial qu’elles tirentde la présence de crochets mobiles venimeux,les Vipères se distinguent encore des Cou-leuvres par la forme plus obtuse de leurtête, plus élargie en arrière, et par leurportion caudale plus courte et plus obtuse.
La désignation de crochets mobiles , appli-quée aux dents venimeuses des Vipères etautres Serpents venimeux, renferme une épi-thète qui conviendrait plus justement à l’ossus-maxillaire lui-même. Celui-ci est fortpetit, porté sur un long pédicule et trèsfacilement mobile. La dent fine, aiguë, sefixe sur cet os et est percée du petit canalque nous avons indiqué en traçant la carac-téristique. Quand l’animal ne veut pas seservir de son arme, il la couche en arrièreet la cache dans un repli de la gencive;quand il attaque sa proie, il redresse ceterrible crochet et verse ainsi, dans la plaie,le venin distillé par la glande volumineusesituée au-dessous de l’œiL Derrière chaquecrochet se montrent plusieurs germes desti-nés à le remplacer, s’il vient à se casser dansl’acte de la morsure.
Le crochet de la Vipère constitue un petitappareil vraiment typique, un modèle d’in-strument propre à l’inoculation d’un virus.Au devant de la pointe de cette aiguille acé-rée est creusée une petite rainure qui con-tinue le canal pratiqué dans sa longueur etqui porte ainsi jusqu’au fond de la blessurel’humeur vénéneuse que verse la glande.Cette humeur, injectée avec force dans laplaie, est bientôt absorbée et portée dans letorrent de la circulation ; l’économie en estplus ou moins infectée, suivant les circon-stances que nous indiquerons plus loin, et
YIP
son action délétère se manifeste par différentssymptômes. Il est démontré que la chair d’unanimal empoisonné peut être impunémentavalée et digérée; qu’on peut, sans acci-dent, présenter à l’action de l’estomac un*chair imprégnée de venin ou le venin lu* -même, quand la dose n’en est pas trop forte;qu’il n’y a point danger d’absorption quandon l’applique seulement sur une membranemuqueuse ou sur la peau qui n’est pointentamée par une piqûre, une écorchure n®toute autre cause. Le venin, pour agir, do» 1être directement introduit dans l’économ* evivante, et des expériences récentes deM. Bernard ont jeté un grand jour surphénomène remarquable. Ces expérience 5tendent à démontrer l’existence, dans l® 5membranes muqueuses , de la singulier®propriété de se refuser à l’absorption d®certaines substances et, en particulier, d* 1venin des Serpents. Des appareils endos"miques construits avec des muqueuses i® -tactes ne donnent point lieu à l’absorption»construits avec des muqueuses altérées, îj 3obéissent aux lois de l’endosmose. Cette f®"sistance à l’action toxique est donc le &sultat d’une propriété inhérente auxqueuses, et elle s’exerce, non seule®® 0 *sur les venins, mais aussi sur les produitdestinés à concourir à l’acte de la digestion»le suc gastrique, le suc pancréatique,
Des voyageurs dignes de foi assurent <ï 0fila chair du Serpent à sonnettes est ser* 1 ®sur la table des plus riches planteurs d®l’Amérique . ^ j
Le venin de la Vipère, au moment ouvient d’être sécrété, est une substance v,squeuse, transparente, de couleur jaunâtf®*ne présentant de réaction ni alcaline t facide, presque sans saveur ni odeur; se d 18solvant dans l’eau dont il trouble lêg efement la transparence; ne brûlant pas a r * nflamme quand on l’expose à l’action d 0corps en ignition ; ne laissant dégager aU ^gaz quand on le traite par les acides- ^propriétés sont d’ailleurs celles de tousvenins des Serpents en général, et Tonque la chimie n’a encore rien tr ° uVé rf5 .bien positif sur leurs principes P r °P tf|]eL’étude microscopique n’y découvre <1°dissolution gommiforme qui se dessèch® ^cilement et devient luisante comme du ^nis, sans perdre sa transparence; fl uel