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Tome treizième.
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observa leurs l’ont vue se fendiller de manière^ laisser croire qu’il s’y forme des cristaux.

Les expériences physiologiques ne nousont guère mieux appris en quoi consistentles altérations produites par le venin. Plu-sieurs observateurs s’accordent à lui attri-buer une action septique, c’est-à-dire déter-minant la corruption des chairs et la dé-composition des tissus organiques, commes’ils étaient subitement privés de vie. Il neParaît pas probable que son effet se borne,comme le voulait Fontana, à la coagulationdu sang; car il se développe, après l’inocu-lation, des phénomènes qui ne sauraients’expliquer par ce seul fait. En général, onPeut, avec M. le docteur Achille Richard ,Indiquer de la manière suivante les symptô-mes particuliers de l’empoisonnement par lev enin de la Vipère. Quelquefois la douleurde la morsure est faible ou nulle au momentmême où elle vient d’être faite; souvent,au contraire, elle est vive et très aiguë. LaPiqûre produite par un des crochets ou parles deux crochets ensemble ne se découvrePas d’abord facilement ; mais bientôt ce points e trahit par la rougeur et le gonflement quil’environne. La douleur devient plus cui-sante; les parties voisines enflent et pren-nent une teinte jaune et rouge livide. Ce-pendant le malaise du blessé augmente; iléprouve des maux de cœur suivis de vomis-sements bilieux, une douleur de tête insup-portable ; ses yeux se gonflent et rougissent ;des larmes abondantes s’en échappent. De^ espace circonscrit d’abord autour de laPlaie, le gonflement gagne de proche enProche, et envahit la totalité du membreClaqué. Le mal a dès lors acquis sa plusgrande intensité; une fièvre adynamiquev ‘°lente s’empare du malade que fatiguentetl core des sueurs froides, comme visqueu-Ses ; l’haleine devient fétide; les muscles se^lâchent; les sphincters se paralysent; laj^rt termine bientôt ces souffrances, sies ressources de la nature ou des médica-ments énergiques ne combattent pas ses pro-

^ Ces symptômes de l’empoisonnement parvenin de la Vipère sont à peu près les6r fles pour l’action délétère des venins desç Utres Serpents ; les accidents généraux se0ril pliquent quelquefois d’un état gangré-e hx local, de vertiges, de syncopes fréquen-

T. XIII.

tes, d’une gêne très grande de la respiration,d’une sorte de strangulation, d’éblouisse-ments, de troubles intellectuels, de convul-sions et de crampes; la bouche se sèche,s’enflamme; la soif devient intense; lalangue se gonfle et sort de la bouche ; lemal semble éteindre la vitalité en suspen-dant les mouvements du cœur et en amenantle froid de la mort et même la décomposi-tion putride.

Toutefois pour la morsure de la Vipère,même pour celle du Serpent à sonnettes,dont nous venons d’indiquer la terrible in-fluence, les effets ne sont pas toujours aussiépouvantables ; le blessé éprouve quelquefoisde graves accidents qui cependaut ne seterminent pas fatalement. L’énergie toxiquedu venin varie avec les espèces: les Crota-les , les Najas, les Trigonocéphales sont lesplus dangereux Serpents par la subtilité deleur poison et la grande quantité qu’ils enpossèdent en raison de leur taille. La rapi-dité de la mort et sa certitudesont d’ailleurs,pour une même espèce, proportionnelles à laviolence, à la profondeur, au nombre desmorsures, et, par conséquent, à la quantitéde venin inoculé; l’âge, la taille du Serpent,le climat, la température, la saison exercentaussi une influence dont il est facile de serendre compte. Le temps qui s’est écoulé de-puis que les réservoirs du venin se sont vidéspar une dernière morsure est aussi, suivantsa durée,une condition favorableou nuisible.La grosseur de l’animal mordu, l’impres-sion de frayeur qu’il éprouve, rendent aussiles effets de la blessure plus ou moins fu-nestes, et l’on comprend facilement que lanature plus ou moins vasculaire de la partieattaquée, aussi bien que l’importance desvaisseaux lésés, entre comme élément es-sentiel dans l’action du poison. Fontana aprouvé que les piqûres à l’oreille, au nez,étaient souvent sans danger, tandis quecelles de la langue étaient fréquemmentmortelles. 11 semble aussi exister une sorted 'idiosyncrasie de l’espèce qui est victime duSerpent ou même de l’individu blessé. LaVipère n’est point sensible à l’action de sonpropre venin; l’Orvet, les Sangsues , lesLimaçons n’en éprouvent pas de fâcheux ef-fets. On dit que le Crotale meurt de sa pro-pre blessure; le Chien y résiste mieux quele Cheval, le Cochon mieux encore, et l’on32