Band 
Tome treizième.
Seite
250
JPEG-Download
 

250 Y1P

assure même que ce dernier Mammifère dé-vore le Crotale.

Il est assez rare que la Vipère tue l’hom-me; il semble même, d’après Fontana, quece résultat soit impossible. Ce savant expéri-mentateur a, en effet,reconnu quelmilligr.du venin de la Vipère introduit dans l’undes muscles d’un Moineau suffît pour letuer, et qu’il en faut six fois plus pour fairepérir un Pigeon; le calcul lui fait supposerque 15 centigrammes seraient nécessairespour amener la mort de l’homme. Or,comme la Vipère possède à peine 10 centi-grammes d’humeur vénéneusequinepeuventmême être exprimés que par plusieurs mor-sures successives, il faudrait cinq ou sixmorsures de ce Serpent pour que l’hommesuccombât. Cependant il existe desexemplesde terminaisons mortelles : on en trouve plu-sieurs dans les observations publiées en 1825par le docteur Paulet qui exerçait à Fontai-nebleau : Un enfant de sept ans et demi,mordu au-dessous de la malléole interne,mourut au bout de dix-sept heures ; un autreenfant, mordu à la joue, expira deux joursaprès l'accident. Même quand il n’est pasmortel, le poison de la Vipère laisse souventaprès lui des suites fâcheuses et durables :la jaunisse, l’aridité de la gorge et de labouche, une soif intense, des coliques, de ladifficulté dans l’émission de l’urine, desfrissons, des hoquets, des faiblesses instan-tanées, des sueurs froides, des fièvres, etc.

Les effets du venin se produisent égale-ment lorsqu’on l’inocule avec un instru-ment, soit en le faisant jaillir des dents del’animal, soit en le recueillant sur le mort,soit même après l’avoir laissé sécher à l’air.Toutefois il n’est pas probable qu’il résisteau lessivage des linges qui en portent destraces, et les expériences tentées sur lesanimaux, soit avec le venin d’un Crotaleconservé dans l’alcool, soit avec celui d’unNaja coagulé en pulpe grisâtre, ont démon-tré l’innocuité de ces poisons dans ces diversétats. Il faut, sans doute, placer parmi lescontes cette histoire d’une botte fatale àceux qui la possédèrent successivement,parce qu’un crochet de Crotale était restéengagé dans le cuir. Dugès n’éprouva aucunrésultat fâcheux après avoir cautérisé seule-ment avec le nitrate d’argent une piqûrequ’il s’était faite en disséquant un grand

VIP

Naja à lunettes dont l’un des crochets avaitpénétré profondément dans la pulpe dudoigt indicateur.

On a tour à tour indiqué et préconisé unefoule de remèdes comme antidotes efficacescontre les effets de la morsure vénéneusedes Serpents ; l’effroi même que causaientces Reptiles fut exploité de tout temps p arles charlatans qui cherchaient à capter 1*confiance par des combinaisons d’autantplus propres à paraître souveraines qu’ellesétaient plus merveilleuses. Sans parler desPsylles, peuples d’Afrique , qui se disaient

invulnérables contre la morsuredesSerpents;

des jongleurs et des sorciers de toutesépoques et de tous les pays qui prétendaientou prétendent encore charmer les Serpentsles plus dangereux ; il existe encore en En*rope, parmi les praticiens, des traditions q uldatent d’une époque où l’ignorance s’abu-saitelle-même, ou était dupe de la mauvais®foi. II est des gens qui croient encore *l’existence de végétaux propres à détruit®tout effet délétère d’une morsure de Serpent*

et il nous faudrait plusieurs pages pour don'

ner seulement le nom de toutes les plantesindiquées pour cette merveilleuse proprié 1 ®dans les ouvrages d’histoire naturelle ° ade matière médicale. Gessner en a dressé P afordre alphabétique une liste qui en contientplus de cent. Si les indigènes de certain 5pays trouvent à telle ou telle plante n nCvaleur spéciale contre l’action du venin desSerpents, il faut sans doute attribuer celheureux résultat à l’administration de cessubstances en décoctions chaudes et eagrande quantité ; elles agiraient alors coin 111 *de puissants sudorifiques.

Depuis les belles et nombreuses expéri e0ces de Redi et de Fontana, et après desservations souvent répétées, on est enral d’accord aujourd’hui pour considérer ^succion de la blessure à l’instant mêm e 0on la sent comme le moyen le plusde combattre les effets du venin de l flpère. Cette succion peut être faite sans da ^ger avec les lèvres, si elles ne présent®aucune plaie, puisque, comme nous I’ aV °^dit plus haut, le venin n’est point abs^par les surfaces qui ne sont point dénu . uitni entamées, et qu’il peut être intr °. defsans crainte dans l’estomac. Pour aIl’action de ce moyen si rationnel et SI e