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Tome treizième.
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dilif, on pratique au-dessus de la plaie uneligature convenablement serrée qui s’opposeaussi à l’absorption et borne ou arrête l’en-flure de la partie attaquée. Dans le mêmebut, on applique une ventouse sur l’orificede la piqûre, après l’avoir légèrement élargi.En plaçant sur la plaie le goulot d’une bou-teille à parois minces qu’on a préalablementchauffée et alors que l’air intérieur est encoredilaté, on remplit convenablement cet objet.La cautérisation à l’aide du feu, d’un ferrouge, du nitrate d’argent fondu, d’unegoutte d’acide sulfurique (huile de vitriol)ou d’acide azotique (eau-forte), peut utile-ment être employée pour neutraliser ou dé-truire le venin avant qu’il soit absorbé. Ona proposé aussi de laver tout de suite l’endroitpiqué et de malaxer la peau sous un filetd’eau tiède ou, à son défaut, avec l’urineencore chaude que la vessie tient en réserve.

Les moyens que nous venons de signalersont les plus propres à empêcher l’action duVenin ; leur emploi a presque toujours unheureux résultat, quand la blessure vientd’être faite; il est encore utile d’y recourir,quand les symptômes d’empoisonnement sesont manifestés. Des frictions pratiquéesavec l’ammoniaque liquide et plusieurs deses composés, tels que l’eau de Luce, le sa-von de Starkey, sont, d’après des observa-tions nombreuses, d’excellents moyens àemployer contre la morsure de la Vipère.L’ammoniaque doit aussi être administrée à^intérieur, cinq ou six gouttes dans une^fusion chaude; on donne avec succès dessudorifiques alcooliques. Le docteur Morti-mer se guérit d’une morsure de Vipère enSe frictionnant seulement avec de l’huiled’olive, et cette substance, ainsique le chloreet une foule d’autres, a été vantée pour8 °n heureuse influence; mais nous ne vou-ons pas tracer ici l’histoire du charlata-nisme.

M. de Castelnau a rapporté un singuliermocédé, appliqué avec succès en Amérique ,b°ur obtenir la guérison des animaux mordusle Serpent à sonnettes. Ce voyageur dit^ême avoir vu un jeune homme sauvé parmoyen. Comme l’effet funeste du venine c e terrible Serpent se manifeste, dès quea blessure est faite, par des convulsions deUs en plus violentes qui se terminentr °mptement par la mort, on pratique une

forte ligature au-dessus de la partie mordue.Une convulsion survient indiquant que leyenin a pénétré dans l’économie, mais elleest faible parce que la ligature n’a permisl’absorption que d’une très petite quantité.Dès que le premier accident a cessé, on lâcheun peu le lien; on laisse ainsi passer unenouvelle portion très petite du venin versédans la blessure, et l’on produit une nouvelleconvulsion. Le même procédé est suivi jus-qu’à ce qu’il ne se manifeste plus d’acci-dents, et le malade, qui aurait succombé àl’absorption totale du venin, est sauvé par cefractionnement qui en atténue la puissancedélétère.

L’ancienne thérapeutique tirait de la Vi-père une foule de composés pharmaceutiquesqui ne sont plus en usage aujourd'hui, pasmême ce bouillon tonique et fortifiant faitavec une Vipère dont on retranchait la têteet les intestins.

Le genre Vipère est nombreux en espèces;.nous indiquerons les principales seulement,en les rapportant aux quatre subdivisionsétablies par Cuvier.

I. Espèces qui n'ont sur la tête que desécailles imbriquées et carénées comme cellesdu dos .

Nous citerons, dans ce groupe, la Vipèrea courte queue, dite la Minute, Viperabrachyura , Cuv., l’une des plus terribles parson venin. — L’Aspic de Lacépède, Viperaocellata , Latr., grande espèce qu’il ne fautpas confondre avec I’Aspic de Linné, quin’est qu’une simple variété de la Vipèrecommune.—La Vipère Clotho, Séb. ( Colu -ber Clotho, Linn.) qui habite la Caroline etla Virginie, et rampe assez lentement pourqu’on en puisse facilement éviter la mor-sure.

II. Espèces qui ont la tête couverte de pe-tites écailles granulées.

C’est à cette subdivision qu’appartient laVipère commune, Vipera Berus , Daud. (Colu-ber Berus , Linn. ; Berus subrufus , Laur.).Cette espèce est répandue dans toutes lesparties chaudes et tempérées de l’Europe ,dans les cantons boisés, montueux et pier-reux; aussi la rencontre-t-on aux environsde Paris , dans les bois de Montmorency etsurtout dans ceux de Fontainebleau ; et dans