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Tome treizième.
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Volcans sous-marins. — Sous l’eau , lesmatières gazeuses ou fragmentaires proje-tées dans une masse liquide agitée, dont larésistance et la pression sont en raison deson épaisseur, se dissolvent ou sont entraî-nées par les courants et déposées plus oumoins loin des points d’émission; alorselles donnent lieu à des couches sédimen-taires (ou tufs). Les matières fluides incan-descentes (ou laves) s’épanchent autour desorifices de sortie d’une manière plus oumoins régulière, mais de telle sorte cepen-dant que le premier épanchement sur unsol horizontal construit une masse discoïde,conique, dont la bouche d’émission fait lecentre. En effet, la matière visqueuse,fluente , s’arrête nécessairement à une dis-tance à peu près égale, à partir de ce centre,et elle conserve plus d’épaisseur au pointd’épanchement qu’à la circonférence dudisque formé. Que des sédiments de ma-tières scoriacées ou fragmentaires sortiespar les mêmes bouches et tenues en sus-pension par les eaux; que des sédimentsargileux, arénacés, des débris de Mollusques et de Polypiers, recouvrent le premier disquede laves; qu’un second manteau de laveconsolidée par le refroidissement recouvrele sédiment aqueux, alors un cône très sur-baissé, composé de strates alternativementsolides, compactes ou tufacés et même decouches argileuses et fossilifères, pourras’élever lentement du fond des mers les plusprofondes jusqu’à leur surface. Un volcansous-marin pourra ainsi persister et s’ac-croître pendant des siècles sans que rienn’annonce son existence. L’île Julia, qui enjuillet 1831 parut au sein de la Méditer-ranée , n’était que le sommet d’un immensecône submergé qui avait comblé une mer dePlusieurs centaines de brasses de profondeur.Plus de cent ans avant 1831, et à plusieurséprises, on avait remarqué quelques éma-nations de gaz, vu des bulles de vapeurs à*a surface des eaux , ressenti en mer dessecousses, entendu des bruits qui démon-tent l’existence dans le même lieu d’an-tennes cheminées volcaniques.

Volcans atmosphériques. — Lorsqu’unetouche volcanique se trouve au contact im-médiat de l’air, les effets doivent évidem-ment changer, bien que la cause reste lamême; et nécessairement un volcan atmos-

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phérique doit différer d’un volcan sous-aqueux par sa forme, par l’état des matièresdont il est composé, par les phénomènesqui accompagnent et suivent la sortie de cesmatières. Il doit arriver souvent aussi queces deux sortes de volcans se superposent,l’un servant de base à l’autre. Beaucoup demontagnes volcaniques qui, par suite del’immersion générale du sol, dominent au-jourd’hui nos continents de toute leur hau-teur, ont commencé à s’élever sous les eaux.La base du Vésuve et celle de l’Etna sontsans doute dans ce cas, et ainsi peut s’ex-pliquer la grande différence que présententla composition, la structure et la forme dugrand cône fondamental de chacun de cesvolcans avec celles de leur cône terminal.

Lorsqu’une bouche volcanique s’ouvre àl’air, les gaz qui se dégagent s’élèvent sansobstacle directement dans l’atmosphère. Siles chemins qui leur donnent issue sont en-combrés de fragments du sol, ceux-ci sontlancés en débris plus ou moins atténués parles gaz d’abord comprimés; ces matièresretombent autour de la bouche par laquelleelles sont sorties; elles y élèvent un pre-mier bourrelet qui devient l’élément d’uncône, car chaque jet ou éruption qui suc-cède donne lieu à des dépôts successifs quise recouvrent. Si la cheminée, si l’espèce decirque conique évasé que circonscrit lebourrelet, et qui devient le cratère, se rem-plit de matières fluides incandescentes, lecontact de l’air refroidit et consolide la sur-face de la colonne liquide; les gaz et va-peurs qui traversaient cette dernière sontarrêtés par cette pellicule figée; ils sontcomprimés de plus en plus jusqu’à ce quel’accroissement de la force d’expansionl’emporte sur la résistance de la pellicule :celle-ci se fend, elle est brisée; les gaz enlancent dans l’air, avec détonation , lesmorceaux incandescents, qui, retombant engerbe, couvrent les parois du cône qu’ilsexhaussent d’autant. Tel est le phénomènedes éruptions. En s’échappant avec violence,les gaz et vapeurs élèvent avec eux de lamatière fluide qui, plus ou moins diviséedans l’air, s’y refroiditet retombe sous formede bombes volcaniques ou de poussière cris-talline qu’on nomme cendres. C’est ainsiqu’une grande période d’éruptions se com-pose d’un nombre infini d’éruptions succès-