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Tome treizième.
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sives, et nécessairement intermittentes avecdes moments de repos apparents; c’est ainsique chaque principale éruption forme uncône composé de couches concentriques ennombre égal au nombre des éruptions com-posantes.

Lorsque la matière fluide incandescentequi s’élève dans les cheminées volcaniquess’y refroidit et s’y consolide, elle forme desfilons , des dykes , ainsi que nous l’avonsdéjà dit; ces dykes et filons se croisent, ilsse coupent et coupent les strates conoïdesqui constituent le cône : il résulte du toutun réseau souvent inextricable au premieraspect, mais dont on parvient à débrouillerla complication.

Lorsque la cause qui élève la lave dimi-nue d’intensité ; lorsque l’ascension decelle-ci s’arrête , le refroidissement la con-solide graduellement de la surface vers l’in-térieur; les canaux se bouchent, le Volcan reste en repos jusqu’à ce que l’équilibreentre la force d’ascension et la résistancesoit rompu de nouveau, ou , plus exacte-ment, jusqu’à ce que de nouvelles disloca-tion du sol viennent remplacer les anciennescheminées obstruées : de là, la multiplica-tion des bouches et des cônes secondaires (àl’Etna plus de 200) et l’intermittence desphénomènes volcaniques.

La durée des temps de repos n’a rien defixe : le Vésuve , qui, chaque année aujour-d’hui, a dès éruptions plus ou moins vio-lentes, a eu des périodes de tranquillitéde plusieurs siècles, et depuis plus de2,000 ans le Stromboli ( îles Lipari ) n’acessé d’avoir des éruptions et des émana-tions gazeuses, à huit ou dix minutes d’in-tervalle.

Avant l’année 79 de J.-C., lors de la fa-meuse éruption qui causa la mort de Pline ,et détruisit Herculanum et Pompéi , les po-pulations avaient perdu tout souvenir del’activité du Vésuve . A cette époque , d’a-pres la description de Strabon , cette mon-tagne était un cône simple présentant à sonsommet une large dépression ; elle étaitcouverte alors de forêts habitées par desanimaux sauvages ; rien n’annonçait auvulgaire un Volcan , bien que ce qui restede la composition de cette montagne et desa structure ne puisse laisser de doute surson origine volcanique et sur son mode de

formation par une suite d’émissions de ma-tières fragmentaires, ou fluides, sur un solsubmergé.

En 79, après d’épouvantables tremble-ments de terre, le sol fut fissuré de nou-veau; les matières gazeuses et fluides ten-dant à profiter de ces ouvertures pour s’é-chapper , il leur fallut vaincre la pesanteurdes laves consolidées et des scories qui for-maient l’ancien cône; après un grand ef-fort, elles finirent par lancer dans l’atmos-phère, avec d’effroyables détonations, unegrande partie du cône lui-même réduit eupoussière. C’est là cette immense gerbe, enforme de pin , si bien décrite par le neveude Pline , qui obscurcissait l’air, et envelop-pait dans des tourbillons de vapeurs et decendres les êtres assez imprudents pour ap-procher d’un tel foyer de destruction. Lesdébris de l’ancien cône, ainsi lancés, retom-bèrent au loin avec la pluie orageuse, dontl’éruption même déterminait la produc-tion; ils couvrirent la campagne et en-fouirent des villes entières qui disparurentalors, comme Pompéi, Herculanum et Sta-bles, et dont nous observons aujourd’huiavec tant de curiosité les monuments con-servés sous ce manteau volcanique. La mon-tagne, évidée dans son centre par cette im-mense éruption , fut réduite à un vastecirque , dont la base du cône formait l’en-ceinte, et dont l’escarpement regardait l’in-térieur : c’est cette enceinte, encore en pa rtie apparente, qui constitue la Somma »montagne circulaire séparée par une vaflé®également circulaire (atrio del Cavallo ) q ülentoure les trois quarts nord-est du Vé-suve actuel. Celui-ci, en effet, n’est qu’uncône qui, depuis l’année 79 , s’est élevé &s’élève journellement dans la cavité del’a 0 'cien cône , de même qu’à chaque érupt»° nun petit cône s’élève dans le cratère actuel*De novembre 1831 à mars 1832 , l’auteu»*de cet article a vu une montagne coniq u0de 60 pieds de haut se former graduelle'ment au fond du cratère du Vésuve par uD .^suite d’éruptions assez faibles pour q u ’ 1ait pu approcher jusque sur les bords donouveau cône, et être témoin des projettions de cendres et de laves, dont la vue el’observation ont servi de base aux opini° n ?auxquelles il s’est arrêté relativementl’ensemble des phénomènes volcaniques.