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INTRODUCTION.
pendant assez longtemps, s’il est conservé à l’abri du courantde l’air. J’en ai vu transporter à de grandes distances dans desvases de bois hermétiquement fermés. Étendu en couche peuépaisse, il se coagule promptement, et acquiert cette singulièreélasticité qui caractérise le caoutchouc; l’oxygène de l’air pour-rait bien intervenir pour déterminer cette coagulation, à moinsque ce que je vais rapporter ne soit l’effet d’une évaporationprompte de l’eau de la sève. J’ai souvent fait une petite incisionsur le tronc d’un hœvea; à l’instant il en découlait un lait qui,en raison de sa viscosité, descendait vers le sol en conservantune certaine épaisseur. Ce lait restait d’abord très-fluide, maisaprès environ une ou deux minutes d’exposition à l’air, il secoagulait subitement à tel point, qu’en enlevant le suc coagulépar sa partie inférieure, j’obtenais un long ruban de caoutchoucparfaitement élastique. Dans la Guyane , les Indiens façonnentle caoutchouc sous la forme de ces poires si communes dans lecommerce. Pour cela, ils fabriquent un moule en terre; ils en-duisent ce moule en le trempant dans le lait fraîchement extraitde l’arbre, le laissent coaguler; ce qui se fait très-promptement,surtout si, comme on le pratique quelquefois, on l’expose à lafumée. Cette première couche coagulée, ils continuent à enmettre successivement jusqu’à obtenir l’épaisseur convenable.Le moule est ensuite brisé et retiré par fragments de l’intérieurde l’enveloppe de caoutchouc qui s’est formée à sa surface. Lesouvriers de Quito , qui sont fort habiles pour travailler le caout-chouc, en font des souliers, des bottines, en l’appliquant àl’état laiteux sur des formes convenablement disposées. Ilsrendent aussi les tissus imperméables en l’étendant au mêmeétat entre deux étoffes ; le lait interposé se coagule, et formeune lame mince, très-élastique, et beaucoup préférable aucaoutchouc appliqué à l’aide de dissolvants. Les Indiens deChoco se procurent quelquefois cette substance en abattantl’arbre et recevant le lait, qui découle alors par torrent dans degrands moules en bois, fermés ordinairement par une tigecreuse de guaduas ; en laissant le moule ouvert, la masse lai-teuse se coagule au bout de quelque temps. Plusieurs de cesmasses de caoutchouc, qui m’avaient été apportées par les Indiens