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PRÉPARATIONS DU PREMIER DEGRÉ.
à 3,000 kilogrammes de tiges, sont chargées lorsqu’on les a faitdescendre dans l’eau afin de les y maintenir. Bientôt l’eau duroutoir se trouble, se teint d’une couleur jaunâtre et exhale uneodeur fétide. A ces indices, on reconnaît que la décomposition dela matière étrangère s’effectue ; la chaleur ayant de l’influence danstoutes les actions de fermentation semblable, la durée de l’opé-ration varie nécessairement avec l’élévation de température del’atmosphère, et par suite avec celle de l’eau dans laquelle lestiges séjournent. Dans nos climats où le rouissage s’exécute géné-ralement dans des pièces d’eau stagnante, cinq à huit jourssuffisent pour l’effectuer.
En Allemagne et en Belgique , le rouissage s’opère plus fré-quemment par l’exposition des tiges à la rosée 5 ce mode est pluslong et peu régulier. Quand on a un courant d’eau à sa disposi-tion, on peut également l’utiliser à cet effet.
On sait que toutes les matières végétales peuvent être attaquéespar une fermentation suffisamment prolongée, et que cette actionchimique change profondément la constitution du corps, ellel’énerve et l’altère. Il faut donc, lors du rouissage, avoir soin quela matière textile ne séjourne pas dans l’eau pendant un temps pluslong que celui absolument nécessaire pour que la décompositionde la matière gommeuse ait lieu ; mais il ne faut pas non plus quecette décomposition soit incomplète , car alors les brins ligneuxretiendraient une partie de la matière gommeuse qui serait tra-vaillée avec la filasse, les fils et la toile, et dont elle ne seraitextraite que lors du blanchiment des lessivages ou des apprêtsultérieurs 5 mais elle ne serait dissoute alors et enlevée qu’audétriment de la solidité et des autres qualités de la toile, puis-qu’elle laisserait de véritables vides qui rendraient les tissus creuxet défectueux.
Il suffit d’avoir assisté à l’exécution de cette manipulation dansnos campagnes, pour être convaincu de l’imperfection qu’elleprésente. 11 est d’ailleurs difficile d’obtenir une action uniformede manière à ce que le phénomène ait lieu sur tous les points enmême temps, sur des masses de produits semblables, irrégulière-ment exposées aux éléments qui la déterminent.
Les couches inférieures de la masse ne sont-elles pas en effet