LIN ET CHANVRE.
1Z|7
moins exposées à la lumière et à la chaleur, que les couches supé-rieures, et celles-ci ne doivent-elles pas être rouies les premières ?
Il faudrait donc visiter ces couches avec soin, changer leur dispo-sition, mais cela n’a pas lieu généralement, soit par ignorance,soit par une économie mal entendue.
Les inconvénients que nous venons de signaler n’étant nuisi-bles qu’aux intérêts de l’industrie, ne sont pas les plus graves etne sont pas ceux surtout qui ont soulevé le plus de plaintes. Lasanté publique a eu souvent à souffrir des émanations qui se dé-gagent des endroits où se pratique le rouissage par immersion.On attribue à ces émanations la présence de différentes maladiespériodiques, et particulièrement des fièvres ; Parent-Duchâte-let , qui s’est occupé avec une si grande abnégation et une silouable persistance des questions de salubrité publique, avaitcherché à se rendre compte du danger que pouvait présenterle voisinage des routoirs. Il n’a pas craint de s’exposer lui etune partie de sa famille, à l’action de l’eau qui avait servi à fairerouir le chanvre, et comme cette action n’a produit aucun ré-sultat fâcheux, le savant économiste a conclu à l’innocuité desémanations des routoirs. Cependant les effets journaliers qu’onremarque dans les campagnes où l’on prépare le chanvre et lelin, offrent tant de contradictions avecles résultats que nous citons,qu’il est permis de se demander si l’expérience de Parent-Du-châtelet a eu lieu dans des conditions identiques à celles qui seprésentent dans les campagnes, ou s’il a échappé aux effetsnuisibles du rouissage par un heureux hasard, comme on échappesouvent à une épidémie.
Quoi qu’il en soit, le rouissage est toujours considéré commeune opération malsaine, et continue à être pratiqué générale-ment d’une manière grossière; aussi a-t-on fait bien des tenta-tives pour le modifier ; on a proposé dans diverses circonstancesles moyens suivants :
L’action de l’eau chaude ou froide tombant d'une certainehauteur sur les tiges ;
Celle de la vapeur ;
De mettre la matière en tas, de l’arroser avec de l’eau, et d’aiderl’action par une addition de ferment ;