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IrilÉPARATiONS DU SECOND DEGKÉ.

On ne se douterait guère, en voyant aujourd'hui l’immensedéveloppement de l’industrie des tissus ras en général, et lesgrandes fortunes dont elle est la source, que, sous le rapport dutravail mécanique, c’est encore une industrie naissante. Les pre-mières tentatives pour peigner et filer la laine à la mécaniqueremontent à peine à 1809. La société d’encouragement, sur laproposition de l’un de ses membres les plus compétents, l’hono-rable M. Ternaux, ouvrit alors un concours pour le filage de lalaine longue. A la suite du concours , des prix furent accordés àM. Demaurey Dincarville etàM. Do&o, de Paris , au premier,pour une machine à peigner, et au second, pour un métier à filerla laine à la mécanique.

On voit que ni l’un ni l’autre ne s’étaient occupés de la ques-tion des préparations du deuxième degré, d’où dépendait cepen-dant le succès. Il fallait disposer et préparer les filaments et lesmèchesde manière à les rendre susceptibles d’être travaillées avecavantage par le métier Mull-Jenny, généralement employé, etconsidéré avec raison comme le métier par excellence. Il seratoujours rationnel d’agir d'une manière analogue, car la dernièretransformation, celle du filage, qu’on fait subir aux matières tex-tiles, quelle que soit leur nature, se propose toujours un mêmerésultat; la même machine devra le faire obtenir, si les filamentsont été convenablement préparés.

C’est en dirigeant ses recherches d’après ces considérationsque M. Devieville Declanlieu , constructeur mécanicien, con-seillé, aidé, et soutenu de toutes les façons par M. Ternaux (1),parvint à livrer à l’industrie une nouvelle machine à préparer la

(1) M. Ternaux , qui faisait alors des sacrifices inouïs pour doter la France dela belle industrie des tissus ras, ne se contenta pas de faire des essais et d’appli-quer le premier les machines de Declanlieu , mais il encouragea ce dernier, mo-ralement et pécuniairement.

« Si je suis quelque chose aujourd’hui, et si notre belle industrie des laines» peignées est en progrès, c’est à M. Ternaux qu’on le doit, » répondait M. De-clanlieu lorsque les jours de prospérité étaient arrivés pour lui. Nous tenons cesdétails si honorables, pour les deux hommes que nous citons, de M. D’homme,qui fut le dernier directeur du grand établissement de Saint-Chien, et qui les aentendus sortir bien souvent de la bouche de M. Declanlieu. Combien d’autreseussent pu en dire autant! Le trait que nous citons n’est qu’un de ces nombreux