MATIÈRES FILAMENTEUSES, INTERMÉD. ET DISCONTINUES. 359
Un métier composé de broches semblables a déjà fonctionné enAngleterre. L’inventeur nous a écrit qu’il avait obtenu des bobinesbeaucoup plus serrées contenant par conséquent plus de coton,que le fil était fort beau, quoique le métier n’ait pas absorbéautant de force motrice qu’ordinairement; à cet avantage, ditM. Bodmer, il faut ajouter la grande économie de place qu’ilprésente sur les Mull-Jenny.
On construit depuis quelque temps des Mull-Jenny Sel/aclingdont tous les mouvements, celui du renvidage aussi bien queceux des cylindres étireurs et des broches, sont exécutés parle moteur. Ils ne diffèrent pas, quant à la construction desorganes, de ceux que nous venons de décrire ; ils n’offrent àla vue qu’une complication plus grande du mécanisme, parcequ’il a fallu nécessairement multiplier les renvois de mouvement.Quant au résultat, il ne varie que par un renvidage plus serrédes broches, et fournissant par conséquent de meilleures can-nettes. On peut également augmenter alors leur vitesse; maisces deux avantages ne s’acquièrent naturellement que par unedépense plus grande de force motrice, puisque le moteur gé-néral est chargé d’une partie du travail que l’ouvrier faisaitauparavant à la main tout en surveillant. Jusqu’à quel pointpeut-on donc recommander l’emploi des métiers Mull - JennySelfacting ? La solution de cette question est dépendante des lo-calités où la filature s’exerce. La main-d'œuvre est-elle rare et parconséquent chère, et la force motrice de l’eau ou de la vapeurest-elle abondante et à bon marché? Il est évident qu’on se déci-dera pour les nouveaux métiers ; dans le cas contraire, on ferad'autant mieux de se tenir à l’ancien système, qu’il est moins sujetà se déranger, qu’il réclame peu d’entretien, qu’il se démonteet remonte facilement et que les ouvriers sont familiarisés avecson travail.
Nous avons dit que le métier Mull-Jenny était employé indis-tinctement pour filer le coton et les laines. Il est bon d’ajouterque pour la laine longue et le coton, c’est en effet identique-ment le même qui est usité ; il n’y a de différence que dans lespressions et dans les diverses vitesses soit des étireurs et desbroches, soit enfin dans l’écartement entre ces cylindres. Mais