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MOULINAGE DE LA SOIE.

présentent des éléments de discussions continuelles; pour leséviter, on avait cherché à déterminer, d’un côté, la perte queles diverses soies du commerce devaient subir au décreusage, etde l’autre , l’augmentation qu’elles pourraient acquérir par l’ad-dition des différentes matières tinctoriales. Mais il est difficile defaire ces appréciations d’une manière assez exacte, pour tous lescas qui peuvent se présenter, à moins d’exécuter chaque fois uneopération chimique assez longue et onéreuse, et qui ne peuttoujours constater des falsifications faites par l'introduction decorps étrangers de peu de valeur dans la matière colorante, ce quioccasionne une double perte, celle provenant de la soustraction etcelle causée par les défectuosités qui résultent de cette coupablemanœuvre. Il a donc fallu avoir recours à des moyens plus sûrs,plus prompts et plus faciles à la fois. M. Arnaud, de Lyon , estparvenu à résoudre ce problème si difficile et si important, de lamanière la plus heureuse.

Procédé Arnaud contre le piquage d’once. Pour comprendrele moyen, il faut savoir que la soie envoyée à la teinture par lefabricant, cstdisposée par paquets pesant environ l kll -,50 chacun,qu’ils sont divisés en vingt parties ou mains; chaque mainen quatre panlines; et chaque pantine est composée de deux,trois, quatre écheveaux ou flottes. Les flottes, les pantines,lesmains et les écheveaux sont séparés par des liens qui maintien-nent convenablement les fils, pendant les opérations de lateinture, pour les empêcher de se mêler et de présenter des diffi-cultés lors du dévidage ultérieur.

Le procédé Arnaud consiste à se servir, pour les mains et lespantines, de liens différant entre eux par leur nature, leurs cou-

lieu dans les différentes périodes de la fabrication, qui sont surtout facilitées parles diverses manipulations que nécessite la teinture. Celte plaie de la fabricationdes soieries est déjà ancienne, car un arrêt du parlement confirma, en 1766 , unjugement du tribunal de Lyon , qui condamnait la femme Comtois à être attachéeau carcan, fouettée, marquée, et ensuite enfermée dans une maison de force,pour crime de piquage d’once; et Comtois, son mari, au carcan et au bannisse-ment, pour l’avoir souffert chez lui et y avoir participé. Nous pourrions citerplusieurs autres exemples pour prouver l’ancienneté de cette plaie, qu’il seraitinjuste de considérer comme une conséquence du développement industriel denotre époque.