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5 (1805) Lettres Persannes
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3 o Lettres

quavec des regards sévères : jétois perdu sielles meussent pénétré : quel avantage nenauroient-elies pas pris !

Je me souviens quun jour que je met-tois une femme dans le bain, je me senti»si transporté, que je perdis entièrement laraison, et que josai porter ma main dansun lieu redoutable. Je crus, à la premièreréflexion, que ce jour étoit le dernier demes jours : je fus pourtant assez heureuxpour échapper à mille morts ; mais labeauté que javois faite confidente de mafoibiesse , me vendit bien cher son silence,.Je perdis entièrement mon autorité sur elle 5et elle ma obligé depuis à des condescen-dances qui mont exposé mille fois à perdre.la vie.

Enfin , les feux de la jeunesse ont passé ;je suis vieux, et je me trouve, à cet égard ,dans un état tranquille : je regarde lesfemmes avec indifférence; et je leur rendsbien tous leurs mépris et tous les tourmensquelles mont fait souffrir. Je me souvienstoujours que jétois pour les comman-der ; et il me semble que je redevienshomme dans les occasions je leur com-mande encore. Je les hais depuis que jeles envisage de sang froid, et que ma raisonme laisse voir toutes leurs foiblesses. Quoi-que je les garde pour un autre, le plaisirde me faire obéir me donne une joie se-crète ; quand je les prive de tout, il me