Persanes. i5i
hait, ce sont les maris jaloux 5 il y en a quetous les hommes méprisent, ce sont encoreles maris jaloux.
Aussi n’y a-t-il point de pays où ils soienten si petit nombre que chez les François.Leur tranquillité n’est pas fondée sur laconfiance qu’ils ont en leurs femmes ; c’estau contraire sur la mauvaise opinion qu’ilsen ont. Toutes -les sages précautions desAsiatiques, les voiles qui les couvrent, lesprisons où elles sont détenues, la vigilancedes eunuques , leur paraissent des moyensplus propres à exercer l’industrie de cesexe , qu’à la lasser. Ici les maris prennentleur parti de bonne grâce , et regardent lesinfidélités comme des coups d’une étoileinévitable. Un mari qui voudrait seul pos-séder sa femme, serait regardé comme per-turbateur de la joie publique, et comme uninsensé qui voudrait jouir de la lumière dusoleil à l’exclusion des autres hommes;
Ici un mari qui aime sa femme est unhomme qui n’a pas assez de mérite pour sefaire aimer d’une autre ; qui abuse de lanécessité de la loi, pour suppléer aux agré-mens qui lui manquent ; qui se sert de tousses. avantages , au préjudice d’une sociétéentière 3 qui s’approprie ce qui ne lui avoitété donné qu’eu engagement ; et qui agitautant qu’il est en lui, pour renverser uneconvention tacite qui fait le bonheur de l’unet de l’autre sexe. Ce titre de mari d’une
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