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5 (1805) Lettres Persannes
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avez plus fait que si vous aviez souillé lesélémens , puisque vous avez souillé lamede votre fille , qui nest pas moins pure.Jen mourrai de douleur et damour : maispuisse ma mort être la seule peine queDieu vous fasse sentir ! A ces mots je sor-tis : et pendant deux ans , je passai mavie à aller regarder les murailles du bei-ram, et considérer le lieu ma sœur pou-voit être, mexposaut tous les jours millefois à être égorgé par les eunuques quifont la ronde autour de ces redoutableslieux.

Enfin mon père mourut ; et la sultaneque ma sœur servoit, la voyant tous lesjours croître en beauté, en devint jalouse,et la maria avec un eunuque qui la souhai-toit avec passion. Par ce moyen ma sœursortit du sérail , et prit avec son eunuqueune maison à Ispahan .

Je fus plus de trois mois sans pouvoirlui parler ; leunuque , le plus jaloux detous les hommes, me remettant toujourssous divers prétextes. Enfin , jentrai dansson bairam ; et il me lui fit parler au tra-vers dune jalousie : des yeux de lynx nelauroient pas pu découvrir, tant elle étoitenveloppée dhabits et de voiles , et je nela pus reconnoître quau son de sa voix.Quelle fut mon émotion , quand je me vissi près et si éloigné delle ! Je me con-traignis , car jétois examiné. Quant à elle,