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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes.' î 85

il me parut' quelle versa quelques larmes-Son mari voulut me faire quelques mau-vaises excuses , mais je le traitai commele dernier des esclaves. Il fut bien em-barrassé , quand il vit que je parlai à masœur une langue qui lui étoit inconnue 5cetoit lancien Persan, qui est notre languesacrée. Quoi, ma sœur ! lui dis-je , est-iivrai que vous avez quitté la religion devos pères ? Je sais quentrant au beiraravous avez faire profession du mahomé-tisme : mais , dites-nroi, votre cœur a-t-ilpu consentir, comme votre bouche, à quit-ter une religion qui me permet de vousaimer ? Et pour qui la quittez-vous , cettereligion qui nous doit être si chère ? pourun misérable encore flétri des fers quila portés ; qui , sil étoit homme, seroitle dernier de tous. Mon frère, dit-elle,cet homme dont vous parlez est mon mari ril faut que je lhonore, tout indigne quilvous paroît ; et je serais aussi la dernièredes femmes, si.... Ah , ma sœur ! lui dis-je,vous êtes Guèbre : il nest ni votre époux,ni ne peut lêtre : si vous êtes fidelle commevos pères , vous ne devez le regarder quecomme un monstre. Hélas ! dit-elle , quecette religion se montre à moi de loin !a peine en savois-je les préceptes , quilfallut les oublier. Vous voyez que cettelangue , que je vous parle , ne mest plusfamilière, et que jai toutes les peines du