Persanes.' î 85
il me parut' qu’elle versa quelques larmes-Son mari voulut me faire quelques mau-vaises excuses , mais je le traitai commele dernier des esclaves. Il fut bien em-barrassé , quand il vit que je parlai à masœur une langue qui lui étoit inconnue 5c’etoit l’ancien Persan, qui est notre languesacrée. Quoi, ma sœur ! lui dis-je , est-iivrai que vous avez quitté la religion devos pères ? Je sais qu’entrant au beiraravous avez dû faire profession du mahomé-tisme : mais , dites-nroi, votre cœur a-t-ilpu consentir, comme votre bouche, à quit-ter une religion qui me permet de vousaimer ? Et pour qui la quittez-vous , cettereligion qui nous doit être si chère ? pourun misérable encore flétri des fers qu’ila portés ; qui , s’il étoit homme, seroitle dernier de tous. Mon frère, dit-elle,cet homme dont vous parlez est mon mari ril faut que je l’honore, tout indigne qu’ilvous paroît ; et je serais aussi la dernièredes femmes, si.... Ah , ma sœur ! lui dis-je,vous êtes Guèbre : il n’est ni votre époux,ni ne peut l’être : si vous êtes fidelle commevos pères , vous ne devez le regarder quecomme un monstre. Hélas ! dit-elle , quecette religion se montre à moi de loin !a peine en savois-je les préceptes , qu’ilfallut les oublier. Vous voyez que cettelangue , que je vous parle , ne m’est plusfamilière, et que j’ai toutes les peines du