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5 (1805) Lettres Persannes
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j 86 Lettres

monde à mexprimer : mais comptez quele souvenir de notre enfance me charmetoujours ; que depuis ce temps- je nai euque de fausses joies; quil ne sest pas passéde jour que je naie pensé à vous ; que vousavez eu plus de part que vous ne croyez àmon mariage ; et que je ny ai été détermi-née que par lespérance de vous revoir. Maisque ce jour qui ma tant coûté , va mecoûter encore ! Je vous vois tout hors devous-même ; mon mari frémit de rage et dejalousie : je ne vous verrai plus ; je vousparle sans doute pour la dernière fois de mavie : si cela étoit, mon frère , elle ne seroitpas longue. A ces mots elle sattendrit ; etse voyant hors détat de tenir la conversa-tion j elle me quitta le plus désolé de tousles hommes.

Trois ou quatre jours après, je deman-dai à voir ma sœur : le barbare eunuqueauroit bien voulu men empêcher : mais,outre que ces sortes de maris nont passur leurs femmes la même autorité que jles autres , il aimoit si éperdument ma sœur jquil ne savoit rien lui refuser. Je la vis jencore dans le même lieu et sous les mêmesvoiles , accompagnée de deux esclaves ; ce jqui me fit avoir recours à notre langueparticulière. Ma sœur , lui dis-je , d !

vient que je ne puis vous voir sans me j

trouver dans une situation affreuse ? Les j

murailles qui yous tiennent enfermée, ces j