6
nôtre. Mais la Belgique offre une admirable réunionde ressources de toute espèce. On conçoit, quand onl’a parcourue, que les grandes puissances de l’Europe se la soient disputée avec acharnement pendant dessiècles, et qu’après l’avoir baignée de leur sang etsemée de leurs os, elles aient fini par convenirquelle ne serait à personne, quelle s’appartiendraità elle-même. Nulle portion de l’Europe ne surpassela fertilité de la Belgique . Ses vastes plaines toutunies, où l’œil n’aperçoit souvent d’autres élévationsque les tumuli entourés d’arbres, monuments souslesquels dorment les débris de tant de bataillons im-molés dans les luttes européennes , sont couvertesdes plus abondantes moissons et des plus gras pâtu-rages , sillonnées de bonnes routes et de canaux pro-fonds, parsemées de grandes villes sans nombre etde villages florissants. Dans les provinces plus acci-dentées et aux bords pittoresques de la Meuse, parexemple, la culture de la vigne se déploie sur lescoteaux, et repose l’œil fatigué de la monotoniede la plaine; ce sont alors tout à la fois les côtesdu Rhône et les plus riches cantons de notre Nor mandie .
La Belgique n’est pas seulement agricole; ellepossède des mines de charbon et de fer plus pro-ductives que les mines d’argent du Pérou et que lesmines d’or du Brésil . Les gîtes bouillers de la Bel gique sont les plus admirables de tout le continent.Dans le bassin de Mous, par exemple, on compte