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un vaste travail dont elle recueillera les fruits* Mar seille donne ainsi aux autres métropoles du royaumeun glorieux exemple. C’est de l’indépendance et de ladécentralisation conçues dans un esprit tel que les amisde l’ordre et les partisans les plus dévoués du maintiende la grande unité française peuvent hautement y ap-plaudir. D’un autre côté, cette éclatante manifestationatteste que les populations du Midi commencent à vi-vement sentir l’importance de l’irrigation dans les cam-pagnes, et de la distribution des eaux dans les villes, àla sentir pratiquement et à en vouloir jouir.
Dès le règne de Louis XII il était question d’un canalde Provence , alimenté par la Durance. Cinquante ansaprès, Graponne , qui s’est immortalisé par la créationdu canal qui porte son nom, avait conçu le projet d’é-tablir une communication entre la Durance et la mer.Plus tard , par les ordres de Louis XIV , Vauban , quicumulait les fonctions d’ingénieur militaire et de minis-tre des travaux publics du grand roi, se préparait àouvrir un canal destiné à donner à l’aride Provence larichesse et la beauté que lui suppose l’imagination desromanciers'; plus tard, disons-nous, Vauban s’apprêtaità exécuter le canal de Provence lorsque la mort vintl’arrêter. Depuis lors, le projet du canal fut repris etabandonné vingt fois. Le duc de Richelieu, en 1751,l’avait pris sous son patronage ; un ingénieur distingué,Floquet, avait tracé les plans; les travaux furent com-mencés et poussés avec une certaine énergie ; mais lesfonds manquèrent bientôt, et l’entreprise resta suspen-due. U en fut de nouveau question sous Louis XVI , sousla République, sous l’Empire. En 1821, un habile ingé-nieur des Ponts et Chaussées, M. Garella, se livra à unesuite d’études approfondies, qui durèrent plusieurs an-nées. Au tracé de M. Garella vint bientôt s’opposer celui