CANAL DE MARSEILLE.
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de M. Bazin. Aujourd’hui enfin, cè sont les plans d’unjeune ingénieur, M. de Montricher , acceptés parle con-seil municipal de Marseille et approuvés par le conseilgénéral des Ponts et Chaussées, que le projet de loi re-commande.
Pour l’irrigation de mille hectares de terre, sous leciel de la Provence, il faut une prise d’eau de 660 litres( deux tiers de mètre cube) par seconde. On estime à6,000 hectares au moins les terrains des environs deMarseille qu’il conviendrait d’arroser; ce serait donc3 mètres cubes et demi par seconde qu’exigerait leterritoire marseillais. Pour donner une idée de cetapprovissionnement, nous rappellerons qu’à Paris laSeine, à l’époque des pins basses eaux, roule environ100 mètres cubes par seconde. D’après les évaluationsadmises par le conseil-général des Ponts et Chaussées, laDurance n’en aurait jamais moins de 74. Et ce n’est pastout : les eaux potables et domestiques sont très rares àMarseille . En 1 834 , le maire se vit obligé d’employerdeux compagnies de grenadiers pour garder le filetd’eau que la rivière de l’Huveaune fournissait encore.A diverses reprises, la disette d’eau y a causé des épi-démies et des émeutes. Sous le ciel ardent de la Pro-vence, il ne faudrait pas porter à moins de a 5 o litrespar individu la moyenne proportion d’eau quotidien-nement indispensable. A Home, grâce aux magnifiquesaqueducs des Césars, restaurés par les papes, les fon-taines publiques et privées distribuent mille litres parjour pour chaque habitant. A Londres , sous un cielbien plus froid, on calcule que la consommation domes-tique n’absorbe journellement que 4° litres par indi-vidu. A Paris , on s’est réduit à 3 o litres. Avec un mètrecube d’eau par seconde, on assurerait amplement l’ali-mentation des maisons et des ateliers de Marseille ,