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Tome troisième.
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Olivier. OLÉACÉES . Olivier. 1)9

première qualité ; l’huile du Baraleny ne est très délicate ; il en est de mêmede la Picholine : son fruit est très esti-mé pour confire, son huile est fine etdouce. Les environs de Montpellier four-nissent aussi la Verdale, variété médio-crement productive, et dont le fruitpourrit souvent à la maturité. Le Bou-leillaou est moins sensible au froid queles autres variétés ; son produit variebeaucoup, souvent il est très abondant :son huile est très bonne, mais elle dé-pose beaucoup. Il n’en est pas ainsiquant à la rusticité de la variété diteSagermc, cultivée en Languedoc ; celle-ci est très sensible au froid , mais ellea le précieux avantage de rester basse,ce qui facilite beaucoup la récolte. Com-me la précédente, son huile est très bonneet très fine, mais elle ne dépose pas.L’Olive luquoise est une des meilleurespour confire, mais elle se conserve as-sez mal; l’Olive espagnole, de la Pro-vence , la plus grosse de toutes, et laroyale, n’ont pas cet inconvénient; maiselles donnent une huile très amère ettrès mauvaise. L’huile produite par l’O-live pointue est, au contraire, très bon-ne. L’Olive blanche est une variété trèschétive et peu productive ; elle est ce-pendant remarquable par son fruit quine noircit ni ne rougit à sa maturité.

L’huile d’Olive et . son extractionétaient connues dès l’origine des pre-mières colonies grecques. On ne doitdonc pas s’étonner de voir l’Olivier con-sacré dans l’antiquité comme l’arbre leplus précieux. Bien que portant l’épi-thète d’Europœa, l’Olivier est originairede l’Asie . Ce n’est qu’environ six sièclesavant l’ère nouvelle que les Phocéens,en fondant Marseille , y plantèrent l’Oli-vier qui, trouvant un climat favorable,s’y est naturalisé et multiplié sponta-nément, se répandit ensuite dans lesprovinces voisines, et de là dans diffé-rentes parties du pays de Gènes, de l’I-talie, des côtes d’Espagne , etc.

l)e tous temps et chez tous les peuplesoît croissait l’Olivier, cet arbre a tou-jours été ie symbole de la gloire et de lapaix ; selon la mythologie, c’est Minervequi apprit aux Athéniens à cultiver l’O-livier et à exprimer rintilo de ses fruits.

L’huile d’Olive est émolliente, réso-lutive; elle adoucit les tranchées de lacolique et les douleurs dyssentériques.C’est un des meilleurs remèdes lors-qu’on a avalé dos poisons corrosifscomme l’arsenic, le sublimé, l’orpi-ment, etc. C’est encore, d’après les ob-*servations de Malpighi. un très bon ver-mifuge. Dans les constipations, l’huileprise à jeun avec de la mie de pain pro-duit de bons résultats. Chez les ancienson se servait de l’huile autant pour ré-tablir la santé que pour la conserver.Romulus Pollio, interrogé par César-Auguste par quel moyen il était par-venu à l’âge de cent ans sans éprouverles incommodités de la vieillesse, ré-pondit: Intus mulso, foris oleo ; c’est-à-dire que c'était en buvant de l’eaumêlée de miel et en s’oignant d’huile.En effet, à cette époque ceux qui vou-laient conserver leur embonpoint sefaisaient oindre d’huile après avoirpris le bain d’eau chaude. Les athlètesqui so préparaient à la lutte se faisaientégalement oindre tout le corps, autantpour prévenir la lassitude que pourfaciliter le mouvement des muscles.

Après l’onction les athlètes se rou-laient dans le sable desséché afin detempérer, dit Hippocrate, la chaleur etl’humidité de l’huile , mêlée à la sueurqui découlait du corps pendant les exer-cices ; toutes ces ordures formaient lefameux strigmenta que Dioscoridcs re-commande comme un très bon remèdepour résoudre les condylomes, unir lesrhagades ou crevasses. On obtenait ceprécieux médicament en faisant raclerles athlètes avec une sorte d’étrille queMercurial figure dans son traité de lagymnastique, de Arlegymnastica. Pline assure que le revenu de ces racluresmontait à 800 sesterces (168,000 fr.).

Le bois de l’Olivier est très dur, jau-nâtre, bien veiné, d’un grain fin serréet susceptible d’un très beau poli ; iljoint à cos qualités celle d’exhaler.uneodeur assez agréable, de n’être pointsujet à se fendre ni à être attaqué parles vers. Les anciens l’employaient pourfaire les statues de leurs dieux, et au-jourd’hui encore nous le voyons em-ployé pour la sculpture, l’ébénisterie et