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maeie; mais les préparations dans les-quelles elle entrait sont tombées en des-suétude aujourd’hui ; on ne la rencon-tre que très rarement dans le com-merce.
La Batate ou Patate (/. Batalas)produit une racine précieuse qui estpour les habitants des contrées tropica-les ce qu’est la pomme terre pour leshabitants de l’Europe . Cette racine esttrès grosse, charnue, sucrée, farineuseou moelleuse, suivant les variétés. Elleest moins nourrissante que la pommede terre ; elle ne donne comme alimentque 0.55 de la valeur nutritive de lapomme de terre. Les tiges peuvent four-nir un excellent fourrage; à l’état secelles équivalent au triple de leur poidsen foin ordinaire. Jusqu’il présent laBatate est plutôt considérée commefriandise que comme aliment usuel. Lesconfiseurs en font une assez grande con-sommation pour la confection des mar-rons glacés.
Originaire des Indes orientales, laBatate exige une certaine somme dechaleur qui limitera toujours sa cultureen grand aux provinces méridionalesde la France . Elle ne pourra donc ja-mais remplacer la pomme de terre dansle cas où la maladie qui a ravagé ceprécieux végétal forcerait à en aban-donner la culture. En effet, MM. Poi-teau et Vilmorin pensent que la culturede cette plante ne pourra pas s’étendredans les plaines de la France au délitdu 46° degré de latitude, c’est-à-direau delà des départements do la Cha-rente-Inférieure, de la Haute-Vienne , dela Creuse, du Puy-de-Dôme, du Rhône et de l’Isère . Deux autres difficultés quiarrêteront l’expansion de cette culture,c’est d’abord la nécessité de préparerle plant au moyen de procédés hortico-les, et ensuite la conservation en hiverdes racines qui s’altèrent quand elleséprouvent une température de 4 à 5 de-grés au-dessus de zéro.
La Batate exige peu d’engrais azotés etse contente d’une terre pourvue de ter-reau ou qui a rei;u préalablement quelquefumure. Le terrain destiné à recevoircette plante doit être peu profondémentlabouré. L’expérience a démontré que les
racines prennent d’autant plus de dé-veloppera. qu’elles sont plus gênées dansleur accroissement. Les Bâtâtes , plan-tées dans une terre très meuble et pro-fonde, ne produisent que de très petitesracines tubéreuses et beaucoup de che-velu. Une abondante récolte a été ob-tenue par M. Aug. de Gasparin, sur unchamp durci qui avait porté une récoltede seigle et dans lequel il avait creusédes fosses de 35 cent, de largeur sur 20de profondeur. M. Masson, jardinier dujardin d’expérience de la Société cen-trale d’horticulture de la Seine, obtientde très beaux résultats en circonscri-vant ses pieds de Bâtâtes à l’aide d’unmorceau de paillasson. A cet effet, ilpratique des trous de 30 à 35 cent, delargeur sur 20 de profondeur, et les ta-pisse d’un petit paillasson préparé àl’avance ; il remplit ensuite de terre cossortes de pots en paille, dans lesquelsil plante ses boutures. Mais ce procédén’est applicable que pour la culture jar-dinière, il serait trop dispendieux pourla culture en grand dans les plaines.
C’est dans la deuxième quinzained’avril ou au commencement de mai,lorsque la température moyenne desjours atteint 12 degrés au-dessus dozéro, que commencent les opérations deculture de la Batate . On prépare, aupied d’un mur exposé au midi, soit surle sol ou mieux sur une couche de fu-mier de cheval, un lit de terreau de 20cent, d’épaisseur dans lequel on planteles racines tubéreuses de Bâtâtes à 5-8cent, de distance les unes des autres ;on les recouvre ensuite de 5 centim. deterreau et on arrose. Cette plantationest recouverte d’un châssis incliné dontles vitres sont remplacées par du cali-cot huilé et qu’on tient exactement fer-mé pendant 48 heures, en le recou-vrant d’un paillasson. Au bout de cetemps, si la température n’est pas tropfroide, on l’ouvre le jour pour le refer-mer pendant la nuit. Si le besoin d’ar-roser se fait sentir, il faut employerde l’eau chauffée au soleil. Ainsi sou-mises à une haute température, les ra-cines émettent do jeunes pousses qu’onpince pour obtenir de nouveaux bour-geons qui fourniront un peu plus tard