Band 
[3. - 4.]
Seite
100
JPEG-Download
 

LIVRE XI.

100

On en élaitlà vers la (in dejuilletet au commencement d’aoùt 1801.L’animation était grande de part et d’autre. Les préparatifs faits sur lacôte de France étaient imités sur la côte d’Angleterre. On y exerçait lesmilices; on y faisait construire des chars pour transporter les troupesenposte, afin d’accourir plus rapidement sur le point menacé. Les journauxanglaisdupartidela guerre tenaient un langage violent. Quelques-uns,dont la rédaction était, disait-on, inspirée parM. Windham, se permirentd'exciter le peuple anglais contre M. Otto et contre les prisonniers fran-çais . M. Otto demanda ses passe-ports sur-le-champ, et le premier consulfit aussitôt insérer dans le Moniteur les rétlexions les plus menaçantes.

Lord Hawkesbury accourut chez M. Otto, insista pour le retenir, ety réussit, quoique avec beaucoup de peine, en lui faisant espérer unprompt rapprochement. Cependant l’animosité nationale semblait ré-veillée, et on craignait une rupture. Tous les hommes raisonnablesd’Angleterre la redoutaient, et cherchaient à la prévenir. On désespé-rait du succès de leurs efforts, car le premier consul ne voulait céderà aucun prix les possessions de ses alliés, qu’on s'obstinait à lui de-mander.

Mais tandis qu’il défendait si loyalement les colonies espagnoles, leprince de la Paix, avec l’inconséquence d’un favori vain et léger, fai-sait tenir à son maître la plus malheureuse conduite, et dégageait lepremier consul de tout devoir d’amitié envers l’Espagne .

On n’a point oublié que M. de Pinto, envoyé de Portugal , était arrivéau quartier espagnol, pour s’y soumettre aux volontés de la France etde l’Espagne . Le prince de la Paix était pressé de terminer une cam-pagne dont les débuts avaient été brillants et faciles, mais dont la con-tinuation pouvait présenter des difficultés, qui ne seraient surmon-tables qu’avec le concours des Français . S’il fallait , par exemple, occuperLisbonne ou Oporto , le secours de nos soldats était indispensable.L’entreprise, d’une simple affaire d’ostentation, pourrait devenir uneaffaire sérieuse, et demander un nouveau corps de troupes françaises.Prévoyant même ce besoin, le premier consul faisait spontanément

amené à en abandonner une, et peut-être l’orgueil national en Angleterre serait-illlatté de conserver ainsi quelqu’une de nos dépouilles coloniales. Vous ne man-querez pas, citoyen, de relever la valeur des lies dont la cession peut être consentiepar nous, et particulièrement de Tabago. Cette île, naguère anglaise , n’est encorehabitée que par des planteurs anglais , toutes ses relations sont anglaises. Son solest neuf, et son commerce est susceptible d’un grand développement.