PAIX GÉNÉRALE.
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faire cesser le plus tôt possible une alliance devenue onéreuse à la courde Madrid *. Cette conduite était aussi inconvenante que contraireaux véritables intérêts de l’Espagne . Il faut dire cependant que l'affreuxmalheur qui venait de frapper deux vaisseaux espagnols avait jetéquelque tristesse dans l’esprit de la nation, et avait contribué à cettedisposition chagrine, qui se manifestait d’une manière si intempestiveet si nuisible à la politique des deux cabinets.
Le premier consul, parvenu au comble de l’irritation, fit répondresur-le-champ que les Français resteraient dans la Péninsule, jusqu’à lapaix particulière de la France avec le Portugal ; que si l’armée duprince de la Paix faisait un seul pas pour se rapprocher des 15,000 fran-çais qui étaient à Salamanque , il considérerait cela comme une décla-ration de guerre, et que, si à un langage inconvenant on se permettaitd’ajouter un seul acte hostile, la dernière heure de la monarchie espa-gnole aurait sonné 2 . Il enjoignit à Lucien de retourner à Madrid , d'y
1 Note du 26 juillet.
2 Le premier consul écrivait des notes courtes et vives, destinées à fournir lapensée des instructions que ses ministres devaient transmettre aux ambassadeurs.Voici la note envoyée au cabinet des affaires étrangères, pour servir à la rédactionde la dépêche qu’on allait expédier à Madrid. M. de Talleyrand , parti pour leseaux, était remplacé par M. Caillard.
Au ministre des relations extérieures.
21 messidor an IX (10 juillet 1801).
Faites connaître, citoyen ministre, à l’ambassadeur de la république à Madrid ,qu’il doit se rendre à la cour, et y déployer le caractère nécessaire dans cette cir-constance. Il fera connaître :
Que j’ai lu le billet du général prince de la Paix ; qu’il est si ridicule qu'il nemérite pas une sérieuse réponse ; mais que si ce prince, acheté par l’Angleterre,entraînait le roi et la reine dans des mesures contraires à l’honneur et aux intérêtsde la république, la dernière heure de la monarchie espagnole aurait sonné:
Que mon intention est que les troupes françaises restent en Espagne jusqu'aumoment où la paix de la république sera faite avec le Portugal ;
Que le moindre mouvement des troupes espagnoles, ayant pour but de se rap-procher des troupes françaises, serait considéré comme une déclaration de guerre ;
Que cependant je désire faire ce qu’il est possible pour concilier les intérêts dela république avec la conduite et les inclinations de sa majesté catholique;
Que, quelque chose qu’il puisse arriver, je ne consentirai jamais aux articlestrois et six ;
Que je ne m’oppose point à ce que les négociations recommencent entre l’am-bassadeur de la république et M. Pinto, et qu’un protocole de négociations soittenu tous les jours;
Que l’ambassadeur doit s'attacher à faire bien comprendre au prince de la Paix,et même au roi et à la reine, que des paroles et des notes même injurieuses,