PAIX GÉNÉRALE.
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lion générale de l'Europe , outre quelle était contraire à la véritablepolitique de la France , devenait une chose risible dans l’état pitoyablede la monarchie espagnole , avec nos troupes au milieu de ses provinces,avec ses escadres à Brest . Il y avait un moyen bien plus naturel de lapunir; c’était de céder aux Anglais File espagnole de la Trinité, seuleet dernière difficulté pour laquelle on retardait la paix du monde.L’Espagne nous avait en effet dispensés de tout devoir, de tout dévoue-ment envers elle. Dans ce cas, ajoutait M. de Talleyrand , il faut perdredu temps à Madrid et en gagner à Londres , en accélérant la négocia-tion avec l’Angleterre par la concession de la Trinité
Général ,
20 messidor en IX (0 juillet 1C01 ).
Je viens de lire avec toute l’attention dont je suis capable les lettres d’Espagne .Si l’on veut faire une réponse de controverse, il nous est facile d’avoir raison.même en nous en rapportant à la lettre des trois ou quatre traités que nous avonsfaits cette année avec cette puissance ; mais ce sont là des pages de factum. Il fautvoir si ce ne serait pas le moment d’adopter un plan définitif de conduite avec cetriste allié.
Je pars des données suivantes : L’Espagne a fait, pour me servir d’une de sesexpressions, avec hypocrisie la guerre contre le Portugal ; elle veut définitivementfaire la paix. — Le prince de la Paix est, à ce qu’on nous mande et à ce que jecrois aisément, en pourparlers avec l’Angleterre ; le directoire le croyait achetépar cette puissance. — Le roi et la reine dépendent du prince ; il n’était que favori,le voilà pour eux établi homme d’Ëtat et grand homme de guerre. — Lucien estdans une position embarrassante dont il faut absolument le tirer. — Le princeemploie assez habilement dans ses notes cette phrase : Le roi s’est décidé à faire laguerre à ses enfants. Ce mot sera quelque chose pour l’opinion. — Une ruptureavec l’Espagne est une menace risible quand nous avons ses vaisseaux à Brest , etque nos troupes sont dans le cœur du royaume. — Il me semble que voilà notreposition tout entière avec l’Espagne : cela posé, qu’avons-nous à faire?
Yoilà le moment où je m’aperçois bien que depuis deux ans je ne suis plus ac-coutumé à penser seul. Ne pas vous voir laisse mon imagination et mon espritsans guide ; aussi vais-je probablement écrire de bien pauvres choses, mais ce,n’est pas ma faute, je ne suis pas complet quand je suis loin de vous.
Il me semble que l’Espagne, qui, à toutes les paix, a gêné le cabinet de Versailles par ses énormes prétentions, nous a extrêmement dégagés dans cette circonstance.Elle nous a elle-même tracé la conduite que nous avons à tenir: nous pouvonsfaire avec l’Angleterre ce qu’elle fait avec le Portugal ; elle sacrifie les intérêts deson allié, c’est mettre à notre disposition l’ile de la Trinité dans les stipulationsavec 1 Angleterre. Si vous adoptiez cette opinion, il faudrait alors presser un peula négociation à Londres et s’en tenir à faire de la diplomatie ou plutôt de l’ergo-terie à Madrid , en restant toujours dans des discussions douces, dans des explica-tions amicales, en rassurant sur le sort du roi de Toscane, en ne parlant que desIII. 6