LIVRE XI.
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Cet avis était foudé en raison, et parut tel au premier consul. Cepen-dant, tenant à honneur de défendre même un allié devenu infidèle, ilinforma M. Otto de ses nouvelles dispositions relativement à la Tri-nité, et se montra prêt à la sacrifier, mais pas tout de suite, seulementà la dernière extrémité, quand on ne pourrait pas faire autrement, àmoins d’amener une rupture. Il lui ordonna d'insister encore pourfaire accepter en échange de la Trinité l’île française de Tabago.
Malheureusement l’étrange conduite du prince de la Paix avait beau-coup affaibli notre négociateur. Une nouvelle arrivée depuis peu, cellede la capitulation du général Beliiard au Caire , l’affaiblissait davantageencore. Toutefois, la persistance du général Menou dans Alexandrie maintenait un dernier doute favorable à nos prétentions. C’était ànotre flottille de Boulogne que devait appartenir l’honneur de terminertoutes les difficultés de cette longue négociation.
En Angleterre les esprits n’avaient cessé de se préoccuper des pré-paratifs faits sur les côtes de la Manche. Pour les rassurer, l'amirautéanglaise avait rappelé Nelson de la Baltique , et lui avait donné le com-mandement des forces navales placées dans ces parages. Ces forces secomposaient de frégates, bricks, corvettes, bâtiments légers de toutedimension. L’esprit entreprenant du célèbre marin anglais faisait espé-rer qu’il aurait bientôt détruit, par quelque coup hardi, la flottillefrançaise. Le 4 août (16 thermidor), il se présenta vers la pointe dujour devant la plage de Boulogne, avec une trentaine de petits bâti-ments. Son pavillon était arboré sur la frégate la Méduse. Il prit posi-tion à 1,900 toises de notre ligne, c’est-à-dire hors de la portée denotre artillerie, et seulement à la portée des g*os mortiers. Son inten-tion était de bombarder notre flottille. Elle avait pour commandant unbrave marin, plein de génie naturel et d’ardeur pour la guerre, et
intérêts de l’alliance, etc., etc. En tout, perdre du temps à Madrid et précipiterà Londres .
Changer d’ambassadeur dans ces circonstances, ce serait donner de l'éclat, et ilfaut l’éviter si vous adoptez, comme je le propose, la temporisation. Pourquoi nepermettriez-vous pas à Lucien d’aller à Cadix voir les armements, de voyagerdans les ports? Pendant cette course, les affaires avec l’Angleterre marcheraient:vous ne laisseriez pas l’Angleterre stipuler pour le Portugal , et il reviendrait àMadrid pour traiter définitivement de cette paix.
Je crains bien, général, que vous ne trouviez que mon opinion ne se sente unpeu des douches et des bains que je prends bien exactement. Dans dix-sept joursje vaudrai mieux. Je serai bien heureux de vous renouveler l’assurance de mondévouement et de mon respect. Cii.-Macb. Talleïrasu,