LIVRE XI.
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consul, un de scs compagnons d’armes, le colonel Lauriston, est des-cendu à l'hôtel de M. Otto, et qu’il apporte le traité ratifié. Dégagéedu dernier doute qui la contenait encore, la joie n’a plus de homes.On court chez M. Otto, on le trouve qui montait en voilure avec lecolonel Lauriston, pour se rendre chez lord Hawkesbury, et faire l’é-change des ratifications. Le peuple dételle les chevaux, et traîne cesdeux Français chez lord Hawkesbury.
De chez lord Hawkesbury les deux négociateurs devaient se rendrechez le premier ministre M. Addington , et ensuite à l’amirauté, chezlord Saint-Vincent. Le peuple s’obstine ; on veut traîner la voitured’un ministre chez un autre. Enfin, à l’hotel de l’amirauté, la fouleétait devenue telle, la confusion si étrange, que lord Saint-Vincent,Craignant quelque accident, se mit lui-même à la tête du cortège, depeur que la voiture ne fût renversée, et qu’un accident fâcheux nefût la suite involontaire de cette joie convulsive. Plusieurs jours s’é-coulèrent en transports de ce genre, en témoignages d’un contente-ment extraordinaire.
Un fait digne de remarque, c’est que, quelques heures après lasignature des préliminaires, il arriva un courrier d’Égypte , apportantla nouvelle de la reddition d’Alexandrie , laquelle avait eu lieu le 30iioùt 1801 (12 fructidor). « Ce courrier, dit lord Hawkesbury àM. Otto, nous est arrivé huit heures après la signature du traité : tantInieux! s'il fût arrivé plus tôt, nous aurions été forcés par l’opinionpublique d’être plus exigeants, et la négociation eût été probablementrompue. La paix vaut mieux qu’une île de plus ou de moins, » Ceministre honnête homme avait raison. Mais c’est une preuve que la ré-sistance d’Alexandrie avait été utile, et que, même dans une cause dé-sespérée, la voix de l’honneur, qui conseille de résister le plus long-lemps possible, est toujours bonne à écouler.
Il fut convenu que des plénipotentiaires se réuniraient dans la villed’Amiens, point intermédiaire entre Londres et Paris , pour y rédigerle traité définitif. Le cabinet britannique fil choix d’un vieux et respec-table marin, qui s’était honoré en portant longtemps les armes poursa patrie, mais qui croyait le moment venu de mettre un terme auxmaux du monde; c'était lord Cornwallis , l’un des hommes de merles plus estimés delà Grande-Bretagne. On rendait à la marine, qui,dans cette lutte avait fait la gloire de l’Angleterre, un hommage écla-tant et mérité en chargeant un de ses chefs de négocier la paix.