LIVRE XI.
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était dit que, les deux empires s’étant bien trouvés de leur interven-tion dans les affaires d’Allemagne , à l’époque du traité de Teschen, ilsréuniraient de nouveau leur influence, pour amener en Allemagne lesarrangements territoriaux les plus favorables au bon équilibre de l’Eu-rope ; que la France notamment s’emploierait à procurer une indem-nité avantageuse à l’électeur de Bavière , au grand-duc deWurtemberg,au grand-duc de Baden (ce dernier avait été ajouté à la liste des protégésde la Russie , à cause de la nouvelle impératrice, qui était une princessebadoisc): que les États de Naples seraient évacués à la paix maritime,et jouiraient de la neutralité en cas de guerre, et enfin qu’on s’enten-drait à l’amiable sur les intérêts du roi de Sardaigne , quand il y auraitlieu, et de la manière la plus compatible avec l'état actuel des choses.
Lcpremicr consul envoya sur-le-champ son aide de camp, Caulaincourl,à Pétersbourg, pour porter au jeune empereur une lettre adroite et ca-ressante, dans laquelle il se félicitait de la paix conclue, l’informaitavec une sorte de complaisance d'une multitude de détails, cl parais-sait désormais vouloir conduire de moitié avec lui les grandes affairesdu monde. M. de Caulaincourl, en attendant l’envoi d’un ambassadeur,devait remplacer Duroc, qui s’était un peu trop bâté de revenir dePétersbourg. Le premier consul avait envoyé à ce dernier une sommeconsidérable, avec ordre d’assister au couronnement de l’empereur, etd’y représenter la France avec éclat. Duroc, n’ayant pas eu le tempsde recevoir cette lettre, élait reparti. Une autre cause l’y avait décidé.Alexandre lui avait fait adresser l’invitation d’assister à son couronne-ment, mais M. de Panin ne lui avait pas transmis cette invitation.Plus tard une explication ayant en lieu à ce sujet, l’empereur, blesséde l’inexécution de scs ordres, enjoignit à M. de Panin de se rendredans ses terres, et le remplaça par M. de Kolschoubey, l’un desmembres de son conseil occulte. Le jeune empereur commençait ainsià se débarrasser des hommes qui avaient contribué à son avènement,et qui voulaient l’entraîner dans leur politique exclusivement anglaise.Tout faisait donc présager de bonnes relations avec la Russie . Leségards délicats et flatteurs du premier consul ne pouvaient que rendrece résultat plus certain.
Ces divers traités, qui complétaient la paix du monde, furent signésà peu près en même temps que les préliminaires de Londres . La satis-faction publique était au comble, et il fut décidé qu’on donnerait unegrande fête, pour célébrer la paix générale. Elle fut fixée au 18 bru-