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CONCORDAT.

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la satisfaction de passions qu’ils n’avaient pas su contenir, les autresune abjuration qui les sauvât de l'échafaud. Ils étaient époux , pèresde familles nombreuses, et flétris par le préjugé public, tant qu’on neleur procurait pas le pardon de l’Église.

Les acquéreurs de biens nationaux , ceux de tous les citoyens quele gouvernement avait le plus d’intérêt à protéger, vivaient aussi dansun état de trouble et d’oppression. Ils étaient assiégés au lit de mortde suggestions perfides, et menacés d'une damnation éternelle, s’ilsne consentaient à des arrangements spoliateurs. La confession devenaitainsi une arme puissante dont se servaient les émigrés, pour porteratteinte à la propriété, au crédit public, en un mot à l’un des principesles plus essentiels de la révolution, l’inviolabilité des ventes nationales.La police de l’État et les lois étaient également impuissantes contre lesmaux de ce genre.

Tous ces désordres n étaient pas de ceux qu'un gouvernement doitregarder avec indifférence. Quand les sectes religieuses n’ont d’autreconséquence que de pulluler sur un vaste sol comme celui de l’Amé-rique , que de se succéder à l’infini, en ne laissant après elles que le sou-venir passager d’inventions ridicules ou de pratiques indécentes, onconçoit, jusqu’à un certain point, que l’État demeure indifférent etinactif. La société présente un triste aspect moral, mais l’ordre publicn’est pas sérieusement troublé. Il n’en était pas ainsi, au milieu de lavieille société française en 1801. On ne pouvait pas sans un immensepéril livrer aux factions ennemies le gouvernement des âmes. On nepouvait pas laisser dans leurs mains les torches de la guerre civile,avec faculté de les secouer quand elles voudraient sur la Vendée , surla Bretagne , sur les Cévennes. On ne pouvait pas leur permettre detroubler le repos des familles, d’assiéger le lit des mourants pourextorquer des stipulations iniques, de mettre en doute le crédit del’État, d’ébranler enfin toute une classe de propriétés, celles mêmesque la révolution avait promis de rendre h jamais inviolables.

La manière de penser du premier consul sur la constitution dessociétés, était trop juste et trop profonde, pour qu’il pût voir d’un œilindifférent les désordres religieux de la France à cette époque; et ilavait d’ailleurs, pour y porter la main, des motifs plus élevés encoreque ceux que nous venons d’indiquer, s’il y en a de plus élevés quel’ordre public et le repos des familles.

Il faut une croyance religieuse, il faut un culte à toute association