CONCORDAT.
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Ne serait-ce pas là s’en mêler? Et puis, ces prêtres dont la révolutionavait pris la dotation territoriale, il fallait bien les faire vivre, et pourcela leur donner des appointements sur le budget de l'État, ou souffrirqu ils organisassent, à titre de contributions volontaires, un vaste sys-tème d’impôt, dont le produit s’élèverait à une somme de 30 ou 40millions, dont la distribution appartiendrait à eux seuls, peut-être àune autorité étrangère, et peut-être même irait un jour, à l’insu du gou«vernemcnt, alimenter en Vendée les vieux soldats de la guerre civile.Quoi qu'on fit, le gouvernement serait donc arraché malgré lui à soninaction, soit qu'il eût à maintenir le bon ordre, soit qu'il eût à dis-poser des édifices du culte , soit enfin qu'il eût à payer lui-même lesprêtres, ou à surveiller leur mode de payement. Il aurait ainsi la chargede gouverner , sans en avoir les avantages , sans pouvoir, en s’empa-rant de l’administration religieuse par un sage accord avec le saint-siège, ramener le clergé au gouvernement, l’associer à ses intentionsréparatrices, rétablir le repos dans les familles , tranquilliser les mou-rants , les acquéreurs de biens nationaux, les prêtres mariés, etc.,tous les hommes enfin compromis au service de la révolution.
L'inaction était donc un pur rêve, suivant le premier consul, et deplus une duperie, imaginée par des gens qui n’avaient aucune idée pra-tique en fait de gouvernement.
Quant à la pensée de créer une église française, indépendante,comme l'église anglaise, de toute suprématie étrangère, et au lieud’un chef spirituel placé au dehors, ayant un chef temporel placé àParis , qui ne serait autre que le gouvernement lui-même, c’est-à-direle premier consul, il la trouvait aussi vaine que digne de mépris. Lui,homme de guerre, portant l’épée et les éperons, livrant des batailles,se ferait chef d’église, espèce *de pape, réglant la discipline et ledogme ! Mais on voulait le rendre aussi odieux que Robespierre , l'in-venteur du culte de l’Être suprême, ou aussi ridicule que Laréveil-lère-Lepeaux , l’inventeur de la théophilanthropie ! Qui donc lesuivrait? qui donc lui composerait un troupeau de fidèles? Ce ne se-raient pas les chrétiens orthodoxes assurément, formant d'ailleurs legrand nombre des catholiques, et ne voulant pas suivre même desaints prêtres, qui n’avaient eu d’autre tort que celui de prêter le ser-ment ordonné par les lois. Ce seraient quelques mauvais ecclésias-tiques, quelques moines échappés de leurs couvents, habitués des clubs,ayant vécu de scandale ou voulant en vivre encore, et attendant da