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LIVRE XII.

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chef de la nouvelle église qu’il permît le mariage des prêtres ! 11n’aurait pas même pour lui l'abbé Grégoire, qui, tout en demandantle retour à la primitive église, tenait cependant à rester en commu-nion avec le successeur de saint Pierre ! Il n’aurait pas même Laré-veillère-Lepeaux, qui voulait réduire le culte à quelques chantsreligieux, à quelques fleurs déposées sur un autel ! Et c’est là l’églisedont on prétendait le faire le chef! c’était là le rôle auquel on voulaitréduire le vainqueur de Marengo et de Rivoli, le restaurateur del'ordre social ! Et c étaient les amis ombrageux de la liberté qui lui■proposaient un tel projet!... Mais, en supposant que ce projet réussit,ce qui d’ailleurs était impossible, et qu’à son pouvoir temporel déjàimmense, le premier consul réunît le pouvoir spirituel, il deviendrait4e plus redoutable des tyrans, il serait le maître des corps et des âmes,il ne serait pas moins que le sultan de Constantinople , qui est à la foischef de l'Etat, de l’armée et de la religion! Du reste, c’était là unevaine hypothèse ; il ne serait qu'un tyran dérisoire, car il ne réus-sirait qu’à produire le schisme le plus sot de tous. Lui, qui voulaitêtre le pacificateur de la France et du monde, terminer toutes les di-visions politiques et religieuses, serait l’auteur d’un nouveau schisme,un peu plus absurde, et pas moins dangereux que les précédents. Oui,sans doute, disait le premier consul, il me faut un pape, mais il mefaut un pape qui rapproche au lieu de diviser, qui réconcilie les es-prits, les réunisse, et les donne au gouvernement sorti de la révolution,pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et, pour cela, il mefaut le vrai pape, catholique, apostolique et romain, celui qui siège auVatican . Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujourssuffisamment le maître. Quand je relèverai les autels, quand je proté-gerai les prêtres, quand je les nourrirai et les traiterai comme lesministres de la religion méritent de l’être en tous pays, il fera ce que-je lui demanderai, dans l’intérêt du repos général. Il calmera lesesprits, les réunira sous sa main, et les placera sous la mienne. Horsde là, il n’y a que continuation et aggravation du schisme désolant quinous dévore, et pour moi un immense, un ineffaçable ridicule.

Quant à l’idée de pousser la France au protestantisme, elle paraissaitau premier consul plus que ridicule, elle lui paraissait odieuse. D’abordil croyait qu’il n’y réussirait pas davantage. On s’imaginait à tort,suivant lui, qu’en France on pouvait tout ce qu’on voulait. C’était uneerreur peu honorable pour ceux qui la commettaient, car ils supposaient