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CONCORDAT.

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la France sans conscience et sans opinion. Il ferait, disait-on , tout cequ'il voudrait; oui, répondait-il, mais dans le sens des besoins vraiset sentis de la France . Elle était dans un trouble profond, et il lui avaitapporté le calme le plus parfait; il l’avait trouvée en proie à des anar-chistes, qui commençaient même à ne plus savoir la défendre contrel'étranger, et il avait dispersé ces anarchistes, rétabli l’ordre, renvoyéloin des frontières les Autrichiens et les Russes , donné la paix donton était avide; il avait fait cesser, en un mot, les scandales d'un gou-vernement faible et dissolu : était-il bien étonnant qu’on lui laissâtfaire de telles choses? Et encore, tout récemment, les opposants dutribunal avaient voulu lui refuser le moyen de purger les grandesroutes des brigands qui les infestaient ! Et on prétendait après celaqu’il pourrait tout ce qui lui plairait ! C’était une erreur. Il pouvait cequi était dans le sens des besoins et des opinions régnant dans le mo-ment en France , mais pas davantage. Il le pouvait mieux, plus puis-samment qu'un autre, mais il ne pourrait rien contre le mouvementactuel des esprits. Ce mouvement portait vers le rétablissement de toutesles choses essentielles dans une société : la religion était la première.« Je suis bien puissant aujourd’hui, s’écriait le premier consul ; ehbien ! si je voulais changer la vieille religion de la France , elle sedresserait contre moi, et me vaincrait. Savez-vous quand le pays étaithostile à la religion catholique? C’est quand le gouvernement, d'accordavec elle, brûlait des livres, envoyait à la roue Calas et Labarre;mais, soyez-en sûrs, si je me faisais l’ennemi de la religion , tout lepays se mettrait avec elle. Je changerais les indifférents en croyants,en catholiques sincères. Je serais un peu moins raillé peut-être envoulant pousser au protestantisme qu’en voulant me faire le patriarched’une église gallicane, mais je deviendrais bientôt l'objet de la hainepublique. Est-ce que le protestantisme est la vieille religion de laFrance ? Est-ce qu’il est la religion qui , après de longues guerresciviles, après mille combats, la définitivement emporté comme plusconforme aux mœurs, au génie de notre nation? Ne voit-on pas cequ'il y a de violent à vouloir sc mettre à la place d'un peuple, pourlui créer des goûts, des habitudes, des souvenirs même qu'il n’a pas?Le principal charme d une religion, c’est celui des souvenirs. Pour moi,disait un jour le premier consul à l'un de ses interlocuteurs, je n'en-tends jamais à la Malmaison la cloche du village voisin, sans être ému ;et qui pourrait être ému en France , dans ces prêches où personne