CONCORDAT.
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souverains catholiques, penchant toujours un peu vers le plus fort,et se relevant bientôt si le plus fort devient oppresseur. Ce sont lessiècles qui ont fait cela, et ils l'ont bien fait. Pour le gouvernement desâmes, c’est la meilleure, la plus bienfaisante institution qu’on puisseimaginer. Je ne soutiens pas ces choses, ajoutait le premier consul,par entêtement de dévot, mais par raison. Tenez, disait-il un jour àMonge, celui des savants de celte époque qu il aimait le plus, et qu'ilavait sans cesse auprès de lui, tenez, ma religion, à moi, est biensimple. Je regarde cet univers si vaste, si compliqué, si magnifique ,et je me dis qu’il ne peut être le produit du hasard, mais l’œuvre quel-conque d'un être inconnu, tout-puissant, supérieur à l'homme autantque l'univers est supérieur à nos plus belles machines. Cherchez, Monge,aidez-vous de vos amis les mathématiciens et les philosophes , vous netrouverez pas une raison plus forte, plus décisive, et, quoi que vousfassiez pour la combattre, vous ne l’inlirmerez pas. Mais celle véritéest trop succincte pour l'homme ; il veut savoir sur lui -même, sur sonavenir, une foule de secrets que l'univers ne dit pas. Souffrez que la reli-gion lui dise tout ce qu’il éprouve le besoin de savoir, et respectez coqu elle aura dit. Il est vrai que ce qu’une religion avance, d'autres lenient. Quant à moi, je conclus autrement que M. de Yolney. De cequ'il y a des religions différentes, qui naturellement se contredisent, ilprétend qu’elles sont toutes mauvaises. Moi, je les trouverais plutôt,toutes bonnes, car toutes au fond disent la même chose. Elles n’onttort que lorsqu’elles veulent se proscrire : mais c’est là ce qu'il fautempêcher par de bonnes lois. La religion catholique est celle de notrepatrie, celle dans laquelle nous sommes nés ; elle a un gouvernementprofondément conçu, qui empêche les disputes, autant qu’il est pos-sible de les empêcher avec l’esprit disputeur des hommes ; ce gouver-nement est hors de Paris , il faut nous en applaudir : il n’est pas àVienne, il n'est pas à Madrid, il est à Rome , c’est pourquoi il estacceptable. Si, après l'institution de la papauté, il y a quelque chosed’aussi parfait, ce sont les rapports avec le saint-siège de l’église gai,licaue, soumise et indépendante tout à la fois : soumise dans les ma-tières de foi, indépendante quant à la police des cultes. L'unitc catho-lique et les articles de Bossuet , voilà le vrai régime religieux; c’est celuiqu’il faut rétablir. Quant au protestantisme, il a droit à la protec-tion la plus ferme du gouvernement ; ceux qui le professent ont un droitabsolu au partage égal des avantages sociaux ; mais il n’est pas la religion