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LIVRE XII.
de la Fiance. Les siècles en ont décidé. En proposant au gouvernementde le faire prévaloir, on propose une violence et une impossibilité.D’ailleurs, qu’y a-t-il de plus hideux que le schisme? qu’y a-t-il deplus affaiblissant pour une nation ? Quelle est de toutes les guerres ci-viles celle qui entre le plus profondément dans les cœurs, qui troubleplus douloureusement les familles? c’est la guerre religieuse. Il nousfaut la finir. La paix avec l’Europe est faite ; maintenons-la tant quenous pourrons; mais la paix religieuse est la plus urgente de toutes.Celle-là conclue, nous n'avons plus rien à craindre. Il est douteux quel’Europe nous laisse tranquilles bien longtemps, ni quelle nous souffretoujours aussi puissants que nous le sommes ; mais quand la France sera unie comme un seul homme, quand les Vendéens, les Bretons,marcheront dans nos armées avec les Bourguignons, les Lorrains , lesFranc-Comtois, nous n’aurons plus à craindre l'Europe , fùt-elle toutentière réunie contre nous. »
C'étaient là les discours que le premier consul tenait sans cesse à sesconseillers intimes, à M.\I. Cambacérès et Lebrun, qui partageaientson avis, à MM. de Talleyrand, Fouché , Rœdcrer, qui ue le parta-geaient pas, à une foule de membres du conseil d’Etat, du corps légis-latif, qui en général étaient dans d'autres idées. Il y mettait une cha-leur, une constance sans égales. Il ne voyait rien de plus utile, de plusurgent que de finir les divisions religieuses, et s’y appliquait aveccette ardeur qu'il apportait dans les choses regardées par lui commecapitales.
Il avait arrêté son plan, qui était simple, sagement conçu, et qui aréussi à terminer les divisions religieuses de la France ; car les dis-putes malheureuses que le premier consul devenu empereur eut plus-tard avec la cour de Rome, se passèrent entre lui, le pape, les évêques,èt n’altérèrent jamais la paix religieuse rétablie parmi les popula-tions. On ne vit plus renaître, même quand le pape fut prisonnier àFontainebleau , deux cultes, deux clergés, deux classes de fidèles.
Le premier consul forma le projet de réconcilier la république fran-çaise et l'église romaine, en traitant avec le saint-siège sur la basemême des principes posés par la révolution. Plus de clergé constituéen pouvoir politique, plus de clergé propriétaire, c'était chose impos-sible en 1800 : un clergé uniquement voué aux fonctions du culte,salarié par le gouvernement, nommé par lui, confirmé par le pape :«ne circonscription nouvelle des diocèses, qui comprendrait soixante