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LIVRE XII.

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pourvoir si le premier consul, maître de l’Italie , pouvant en disposerà volonté, n’aurait pas la bienheureuse pensée de restituer les légationsau saint-siège. Une parole qu’on trouvait fréquemment dans la bouchedu premier consul, avait fait naître plus d’espérance qu’il n'en voulaitdonner. « Que le saint père, disait-il souvent, s’en fie à moi, qu’il sejette dans mes bras, et je serai pour l'Église un nouveau Charlemagne.

— S’il est un nouveau Charlemagne, répondaient ces prêtres peu jinstruits des affaires du siècle, qu’il le prouve, en nous rendant lepatrimoine de saint Pierre. » On était malheureusement assez loinde compte, car le premier consul croyait avoir beaucoup fait en réta- (blissant le pape à Rome, en lui rendant avec son trône pontifical y jl’Etat romain, en offrant de traiter avec lui pour le rétablissement duculte catholique. En effet, il avait beaucoup fait, vu l’état des espritsen France, vu leur état en Italie. Si les patriotes français , tout pleinsencore des idées du dix-huitième siècle, voyaient avec peu de satisfac-tion le prochain rétablissement de l’église catholique, les patriotes ita-liens voyaient avec désespoir relever chez eux le gouvernement des jpi ètres. Il était donc impossible au premier consul de pousser la com-plaisance jusqu’à rendre au saint-siège les légations, qui ne pouvaientsupporter le gouvernement clérical, et qui étaient d’ailleurs une por- :tion promise de la république cisalpine. Mais la cour de Rome, se !

trouvant à la gêne depuis quelle avait été privée du revenu de j

Bologne, de Ferrare , de la Romagnc, raisonnait autrement. Du reste,le pape, qui, au milieu des pompes du Vatican , vivait en anachorète,songeait moins à cet intérêt terrestre que le cardinal Gonsalvi, et le icardinal Consalvi moins que monsignor Spina. Celui-ci marchait à pasde loup dans la négociation, écoutant tout ce qu’on lui disait relative-ment aux questions religieuses, ayant l’air d’y attacher une importanceexclusive, et néanmoins, par quelques paroles lancées de temps entemps sur la misère du saint-siège, essayant d'amener l’entretien surles légations. Il n’avait pas réussi à se faire comprendre, et traînait enlongueur, jusqu a ce qu’il eût obtenu quelque .chose qui répondit auxfausses espérances imprudemment inspirées à sa cour.

Pour traiter avec monsignor Spina, le premier consul avait fait choix,comme nous l'avons dit, du fameux abbéBeruier, le pacificateur de la j

Vendée . Ce prêtre, simple curé dans la province d’Anjou, dépourvu :

des dehors que procure une éducation soignée, mais doué d'une pro-fonde connaissance des hommes, d une prudence supérieure, longtemps