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exercée au milieu des difficultés de la guerre civile, fort instruit dansles matières canoniques, était l’auteur principal du rétablissement de lapaix dans les provinces de l'ouest. Attaché à cette paix qui était sonouvrage, il désirait naturellement tout ce qui pouvait la raffermir,et regardait un rapprochement delà France avec Rome comme l'un desmoyens les plus assurés de la rendre complète et définitive. Aussi necessait-il d’adresser au premier consul les plus vives instances pourhâter les négociations avec l’Eglise. Muni de ses instructions, il fitcou-naitre à l'archevêque de Corinthe les propositions du gouvernementfrançais , déjà énoncées : démission imposée à tous les évêques, ancienstitulaires ; nouvelle conscription diocésaine ; soixante sièges au lieu decent cinquante-huit ; composition d'un clergé nouveau, formé d’ecclé-siastiques de tous les partis; nomination de ce clergé par le premierconsul, institution par le pape ; promesse de soumission au gouverne-ment établi ; salaire sur le budget de l’État; renonciation aux biensde l’Église, et reconnaissance complète de la vente de ces biens; policedes cultes déférée à l’autorité civile, représentée par le conseil d’Élat ;enfin pardon de l’Église aux prêtres mariés, et leur réunion à la commu-nion catholique.
Monsignor Spina se récria beaucoup en entendant énoncer ces con-ditions, les qualifia d’exorbitantes, de contraires à la foi, et soutintque le saint-père ne consentirait jamais à les admettre.
D’abord il exigeait que, dans le préambule du concordat, on déclarâtla religion catholique religion de l'État en France , que les consuls enfissent profession publique , et que les lois et actes contraires à cettedéclaration d'une religion d'État fussent abrogés.
Quant à une nouvelle circonscription des diocèses, il admettait lenombre des sièges, mais il prétendait que le pape n’avait pas le droitde déposer un évêque, que jamais aucun de ses prédécesseurs n’avaitosé le faire, depuis l’existence de l’église romaine, et que, si le saint-père se permettait une telle innovation, il créerait un second schisme,dirigé cette fois contre le saint-père lui-même ; que tout ce qu’il pou-vait à ce sujet, c’était de s’entendre à l’amiable avec le premier consul ;que ceux des anciens titulaires qui montraient de bons sentiments àl'égard du gouvernement français , seraient rappelés purement et sim-plement dans leur diocèse, ou du moins dans le dioeèse correspondantà celui qu’ils avaient occupé jadis ; que ceux, au contraire, qui s étaientconduits ou se conduisaient encore de manière à ne pas mériter la