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CONCORDAT.

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Ce courrier était porteur d’un présent qui devait causer une grandejoie en Italie , c’était la fameuse Vierge en bois de Notre-Dame deLorette, enlevée du temps du directoire à Lorette même, et déposé»depuis à la bibliothèque nationale de Paris , comme un objet de curio-sité. Le premier consul savait que, pour beaucoup de croyants sin-cères et irritables, c’était un sujet de scandale que le dépôt d'une tellerelique à la bibliothèque royale, et il fit précéder le concordat de cetterestitution pieuse.

Ce présent fut accueilli dans la Romagne avec une joie difficile à.comprendre en France . Le pape reçut le concordat mieux qu'on ne l'es-pérait. Ce digne pontife, préoccupé des intérêts de la foi plus que deses intérêts temporels, ne voyait dans le projet rien d'absolumentinadmissible, et croyait qu’avec quelques changements de rédaction ilarriverait à satisfaire le premier consul, ce qu'il regardait comme très-important ; car le rétablissement de la religion en France était à sesyeux la plus grande, la plus essentielle des affaires de l'Église.

Il désigna les trois cardinaux Cavandini, Antonelli et Gerdil , pourfaire un premier examen du projet envoyé de Paris . Les cardinauxAntonelli et Gerdil passaient pour les deux plus savants personnagesde l’Église. Le cardinal Gerdil était même devenu Français , car ilappartenait par sa naissance à la Savoie . On leur enjoignit à tous troisde se hâter. Le premier examen terminé, ils durentjfaire leur rapportà une congrégation de douze cardinaux, choisis parmi ceux qui setrouvaient à Rome , et qui comprenaient le mieux les intérêts de l’égliseromaine. On leur fit promettre le secret sur les saints Évangiles. Lepape, craignant les menées, les cris des émigrés français , cherchait àsoustraire la décision du sacré collège à toute influence de parti. De soncôté donc, les efforts furent d’une parfaite sincérité. Il avait auprès delui un ministre français entièrement de son goût : c’était M. de Gacaull,homme de cœur et d’esprit, partagé entre les souvenirs du dix-huitièmesiècle, auquel il appartenait par son âge et son éducation, et les sen-timents que Rome inspire à tous ceux qui vivent au milieu de sagrandeur ruinée et de ses pompes religieuses. En partant de Par»,M. de Cacault avait demandé au premier consul ses instructions. Ce-lui-ci lui avait répondu par ce mot superbe : «Traitez le pape comme s’ilavait deux cent mille soldats. » M. de Cacault aimait Pie VII et legénéral Bonaparte , et, par ses rapports bienveillants, les disposait às’aimer l’un l’autre. « Fiez-vous au premier consul, disait-il sans cessem. a