CONCORDAT.
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Cette dépêche parvint à Rome dans les derniers jours de mai. Ellechagrina fort M. de Cacault, qui craignait, par les nouvelles dont ilétait porteur, de troubler, peut-être de pousser à des résolutionsj désespérées le gouvernement romain, qui craignait surtout d’affliger unpontife pour lequel il n’avait pu se défendre de concevoir un véritableattachement. Cependant les ordres du premier consul étaient tellementabsolus, qu’il n’y avait aucun moyen d’en éluder l’exécution. M. de Ca-cault se rendit donc auprès du pape et du cardinal Consalvi , leurmontra ses instructions, qui leur causèrent à tous deux une vive dou-leur. Le cardinal Consalvi en particulier, qui se voyait clairementdésigné dans les dépêches du premier consul, comme l’auteur desinterminables délais de cette négociation, sc sentait mourir d épouvante.Il avait peu de torts néanmoins, et les formes surannées de cette chan-cellerie , la plus vieille du monde, étaient la seule cause des lenteursdont se plaignait le premier consul, au moins depuis que l’affaire étaitportée à Rome. M. de Cacault proposa au pape et au cardinal Consalvi une idée, qui les surprit et les troubla d’abord , mais qui leur parutensuite la seule voie de salut. « Vous ne voulez pas, leur dit-il, adopterle concordat venu de Paris , dans toutes ses expressions ; eh bien ! quele cardinal lui-même se rende en France , revêtu de vos pouvoirs. Il sefera connaître au premier consul, il lui inspirera confiance ; il en ob-tiendra les changements de rédaction indispensables. Si quelquedifficulté se rencontre, il sera là pour la lever. Il préviendra , par saprésence sur les lieux, les pertes de temps, qui blessent surtout lecaractère impatient du chef de notre gouvernement. Vous serez tirésainsi d’un grand péril, et les affaires de la religion seront sauvées. «C’était pour le pape une grande douleur de se séparer d’un ministredont il ne savait plus se passer, et qui seul lui donnait la force desupporter les peines de la souveraineté. Il était plongé dans des per-plexités affreuses, trouvant très-sage l’idée de M. de Cacault, maiscruelle la séparation qu’on lui proposait.
Cette faction implacable, composée non-seulement des émigrés,mais de tous les gens qui, en Europe , détestaient la révolution fran-çaise, cette faction, qui aurait désiré une guerre éternelle avec laFrance, qui avait vn avec douleur la fin de la guerre civile en Vendée ,et qui voyait avec non moins de douleur la fin prochaine du schisme,assiégeait Rome de lettres, la remplissait de propos, couvrait ses mursde placards. On disait, par exemple, dans l’un de ces placards, que