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L1VKE XII.
Pie, VI pour sauver la foi avait perdu le saint-siège, et que Pie VII ,pour sauver le saint-siège perdrait la foi *. Les invectives dont il était >l’objet n’ébranlaient pas chez ce pontife sensible, mais dévoué à ses jdevoirs, la résolution de sauver l’Église, malgré tous les partis, malgré 1le parti de l’Église elle-même ; mais il en souffrait cruellement. Lecardinal Consalvi était son confident, son ami ; s’en séparer était pour !lui une peine poignante. Le cardinal à son tour était effrayé de sevoir à Paris , dans ce gouffre révolutionnaire qui avait dévoré, lui di-sait-on, tant de victimes. Il tremblait à la seule idée de se trouver enprésence de ce redoutable général, objet tout à la fois d’admiration |et de crainte, que monsignor Spina lui dépeignait comme particu- ' jlièremcnt irrité contre le secrétaire d’État. Ces malheureux prêtres se |faisaient mille idées fausses sur la France , sur son gouvernement j et,tout amélioré qu’on le disait, ils frémissaient à la seule pensée detreun moment entre scs mains. Le cardinal se décida donc, mais commeon se décide à braver la mort. >< Puisqu’il faut une victime, dit-il, jeme dévoue, et je m’en remets à la Providence. » Il eut mêmel’imprudence d’écrire à Naples des lettres conformes à ces paroles,lettres qui furent connues de notre ministre à Naples, et commu-niquées au premier consul. Celui-ci, heureusement, les jugea plutôtrisibles qu’irritantes.
Mais le voyage à Paris du secrétaire d’État était loin de lever toutes jles difficultés et de prévenir tous les dangers. Le départ de M. de !Cacault et sa retraite à Florence , où résidait le quartier général del’armée française, allait être une manifestation funeste peut-être pourles deux gouvernements de Rome et de Naples . Ces deux gouverne-ments, en effet, étaient continuellement menacés par les passionscomprimées, et toujours ardentes, des patriotes italiens. Celui du papeétait odieux aux hommes qui ne voulaient plus être gouvernés par desprêtres, et le nombre de ces hommes était grand dans l’État romain ;celui de Naples était justement abhorré pour le sang qu’il avait ré-pandu. Le départ de M. de Cacault pouvait être pris comme une sortede permission, donnée aux mauvaises têtes italiennes, d’essayer quelquetentative dangereuse. Le pape le craignait ainsi. On convint alors, pour
Pio VI per conservar la fedePerde la sede.
Pio VII per conservar la sedePerde la fede.