LE TR1BUNAT.
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«laclion du nouveau code civil. Il les avait dévorés , comme ces livresde controverse religieuse dont il s’était pourvu lorsqu'il s’occupait duconcordat. Bientôt, classant dans sa tète les principes généraux dudroit civil, joignant à ces quelques notions rapidement recueillies saprofonde connaissance de l'homme, sa parfaite netteté d’esprit, il s’était:rendu capable de diriger ce travail si important, et il avait mêmefourni à la discussion une large part d’idées justes, neuves, profondes.Quelquefois une connaissance insuffisante de ces matières l’exposait à‘soutenir des idées étranges; mais il se laissait bientôt ramener au vraipar les savants hommes qui l’entouraient, et il était leur maître à tons,
, quand il fallait tirer, du conflit des opinions contraires, la conclusionla plus naturelle et la plus raisonnable. Le principial service que rendaitle premier consul, c’était d’apporter à l’achèvement de ce beau monu-ment un esprit ferme, une volonté de travail soutenue, et par là devaincre les deux grandes difficultés devant lesqwelles on avait échouéjusqu'alors, la diversité infinie des opinions, et l’impossibilité de tra-vailler avec suite, au milieu des agitations du temps. Quand la dis-cussion, comme il arrivait souvent, avait été longue, diffuse, obstinée,le premier consul savait la résumer, la trancher d’un mot, et, de plus, ilobligeait tout le monde à travailler en travaillant lui-même des jour-nées entières. On imprimait et on publiait le procès-verbal de cesséances remarquables. Cependant, avant de le livrer au Moniteur , leconsul Cambacérès avait soin de le revoir, et de supprimer ce quipouvait n’être pas convenable à publier, soit que le premier consuleût émis des opinions quelquefois singulières, ou traité des questionsde mœurs avec une familiarité de langage qui ne devait pas aller audelà de l’enceinte d’un conseil intime. Il ne; restait donc dans lesprocès-verbaux que la pensée quelquefois rectifiée, souvent décolorée,mais toujours frappante du premier consul. Le public en était saisi,et s'habituait à le considérer comme l’unique auteur de ce qui sefaisait de bon et de grand en Fiance. Il prenait même une sorte deplaisir à voir législateur celui qu’il avait vu général, diplomate, admi«nistratcur, et constamment supérieur dans ces rôles si divers.
Le premier livre du code civil était achevé, et c’était un des projetsnombreux qui allaient être soumis au corps législatif. La pacificationde la France et sa réorganisation intérieure marchaient donc du mêmepas. Bien que tout le mal ne fût pas réparé, que tout le bien ne fût pasaccompli, cependant la comparaison du présent avec le passé remplis-