LIVRE XIII.
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plissait autrefois les appartements de Versailles , qui se présenta poursolliciter : le moment de se soumettre n"était pas venu pour elle. Cefurent toutefois des familles distinguées du temps passé, n’ayant pointmarqué dans lcmigration, et se rapprochant les premières d'un gou-vernement puissant, qui, par sa gloire, rendait le service auprès delui honorable pour tout le monde. Le général Bonaparte choisit pourpréfets du palais M. Benezech, qui en avait déjà rempli les fondions,MM. Didclot et de Lueay, sortis de l'ancienne finance, M. de Rémusat,de la magistrature. Les quatre dames du palais, chargées d’en faireles honneurs à côté de madame Bonaparte, furent mesdames de Lueay,de Lauriston, de Talhouet et de Rémusat. Les personnages les plusdénigrants des salons émigrés de Paris n’avaient rien à dire quant à laconvenance de ces choix ; et les hommes raisonnables, qui ne veulentdes cours que ce que la bienséance rend nécessaire, n’avaient point àcritiquer cette organisation militaire et civile. Il faut en effet, dansune république comme dans une monarchie, garder le palais des chefsde l'Etat, et l'entourer de l’appareil imposant de la force publique ; ilfaut, dans l'intérieur de ce palais, des hommes, 'des femmes choisis,qui en fassent les honneurs soit aux étrangers illustres, soit aux ci-toyens distingués qui sont admis auprès des premiers magistrats de larépublique. Dans cette mesure, la cour du premier consul était impo-sante et digne. Elle recevait une certaine grâce de sa femme et de sesSœurs, toutes remarquables ou par les manières, ou par l’esprit, ou parla beauté. IN’ous avons parlé ailleurs des frères du premier consul ;c'est le moment de faire connaître ses sœurs. La sœur aînée du pre-mier consul, madame Élisa Bacciochi, peu remarquable par la figure,1 était beaucoup par l’esprit, et attirait autour d’elle les hommes delettres les plus distingués du temps, tels que MM. Suard, Morellet,Eontancs. La seconde, Caroline Murat , qui avait épousé le général deCe nom, ambitieuse et belle, enivrée de la fortune de son frère, cher-chant à en attirer sur elle et sur son époux la meilleure part, était l’unedes femmes de cette cour nouvelle qui lui donnaient le plus de mou-vement et d’élégance. La troisième, Pauline Bonaparte , celle qui avaitépousé le général Leclerc, et qui épousa depuis un prince Borghèse,était l'une des plus belles personnes de son temps. Elle n’avait pas en-core provoqué la médisance autant qu’elle le fit plus lard, et, si saconduite inconsidérée affligeait quelquefois son frère, la tendresse pas-sionnée qu elle ressentait pour lui le touchait et désarmait sa sévérité.