LE TH1BUXAT.
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Madame Bonaparte les dominait tonies par sa position d'épouse dupremier consul, et charmait par sa bonne grâce les Français et lesétrangers admis dans le palais du gouvernement. Les rivalités inévi-tables, et déjà visibles, entre les membres de cette famille si voisinedu trône, étaient contenues par le général Bonaparte qui, tout enaimant ses proches, traitait avec une rudesse militaire ceux qui trou-blaient la paix qu'il voulait voir régner autour de lui.
Un événement de quelque importance venait de se passer dans la fa-,miile consulaire, c'était, le mariage 1 d’Hortcnsc de Beauharnais avecLouis Bonaparte . Le premier consul, qui chérissait tendrement lesdeux enfants de sa femme, avait voulu marier Hortense de Beauharnais lavée Duroc, croyant qu’un penchant réciproque rapprochait ces deuxjeunes cœurs ; mais ce mariage, peu favorisé par madame Bonaparte ne s'était pas réalisé. Madame Bonaparte , toujours tourmentée par lacrainte d’un divorce, depuis quelle n’espérait plus avoir des enfants,imagina de marier sa propre fille avec l’un des frères de son époux, seflattant que les enfants qui naîtraient (le celte union, tenant par deuxliens à la fois au nouveau chef de la France , pourraient lui servird'héritiers. Joseph Bonaparte était marié; Lucien vivait d'une manièrepeu régulière, et se conduisait en ennemi de sa belle-sœur ; Jérômeexpiait sur la flotte quelques écarts de jeunesse. Louisétait le seul propreaux vues de madame Bonaparte . Elle le choisit. Il était sage, instruit,mais morose, et peu assorti par le caractère à la femme qu’on lui des.tinait. Le premier consul, qui en jugeait ainsi, résista d’abord, cédaensuite, et consentit à un mariage, qui ne devait pas faire le bonheurdes deux époux, mais qui faillit un instant donner des héritiers à l’em-pire du monde.
La bénédiction nuptiale fut donnée par le cardinal Caprara, et dansune maison particulière, ainsi qu’on faisait alors pour toutes les céré"monies du culte, quand c’étaient des prêtres insermentés qui officiaient.Par la même occasion, on donna cette bénédiction au général Murat età sa femme Caroline, lesquels ne l’avaient pas encore reçue, commebeaucoup d’autres maris et femmes de ce temps, dont le mariagen’avait été contracté que devant le magistrat civil. Le général Bona-parte et Joséphine étaient dans le même cas. Celle-ci pressa vivement
1 L'auteur déplace cet événement. Le mariage de Louis Bonaparte et d’Iîor-tense de Beauharnais n’était encore qu’en projet à l’époque que M. Thiers semblelui assigner. Il n’eut lieu que le 3 janvier 1802. (F. W.)