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LIVRE XIII.

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son mari d’ajouter le lien religieux au lien civil qui les unissait déjà ;mais, soit prévoyance, soit crainte d’avouer au public le contrat in-complet qui le liait à madame Bonaparte, le premier consul ne voulutpas y consentir.

Telle était alors la famille consulaire, depuis famille impériale. Cespersonnages, tous remarquables à divers titres, heureux de la gloireet de la prospérité du chef qui faisait leur grandeur, contenus par lui,et point encore gâtés par la fortune, présentaient un spectacle inté-ressant, qui n’affligeait pas les yeux comme cette cour directoriale,dont le directeur Barras avaitfaitles honneurs pendant plusieurs années.Si quelques Français envieux ou dédaigneux, qui souvent étaient ses.obligés, la poursuivaient de leurs sarcasmes, les étrangers, plus justes,lui payaient un tribut de curiosité et d’éloges.

Une fois par décade, comme nous l’avons dit ailleurs, le premierconsul recevait les ambassadeurs et les étrangers qui lui étaient pré-sentés par les ministres de leur nation. Il parcourait les rangs de l’as-semblée toujours nombreuse, suivi de ses aides de camp. Madame Bo-naparte venait après lui, accompagnée des dames du palais. C était lemême cérémonial qu’on observait dans les autres cours, avec un moindrecortège d’aides de camp et de dames d’honneur, mais avec l’incompa-rable éclat qui entourait le général Bonaparte . Deux fois par décade ilinvitait à dîner les personnages éminents de la France et de l'Europe ,et une fois par mois il donnait dans la galerie de Diane un repas,auquel cent conviés étaient quelquefois appelés. Ces jours-là il tenaitcercle aux Tuileries dans la soirée, et admettait auprès de lui les hautsfonctionnaires, les ambassadeurs, les personnes de la haute sociétéfrançaise qui se rapprochaient du gouvernement. Portant toujours lecalcul dans les moindres choses, il prescrivait à sa famille certains cos-tumes, pour en rendre l’usage général par l’imitation. Il ordonnaitl'habit de soie, pour faire revivre autant que possible les soieries deLyon . Il recommandait à sa femme l’étoffe connue sous le nom Aclinon,afin de favoriser les fabriques de Saint-Quentin 1 . Quant à lui, simple

1 Voici une lettre écrite de Saint-Quentin au consul Cambacérès :

Saint-Quentin , 21 pluviôse an IX QO février 1001)-

Les manufactures si intéressantes de la ville de Saint-Quentin et environs, quiemployaient 70,000 ouvriers et faisaient rentrer on France plus de 15 millions denuméraire, ont dépéri des cinq sixièmes. L'on désirerait bien ici que nos dainesmissent le linon à la mode, sans donner aux mousselines cette préférence absolue-