LE TRUSINAT.
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rnicr consul applaudit à celle réponse pleine de fierté et d a-propos.
Le personnage qui, après M. Fox, occupait le plus l'attention pu-blique, était M. de Calonne. C'est le prince de Galles qui avait solli-cité et obtenu pour lui la permission de reparaître à Paris . M. de Ca-lonne tenait depuis son arrivée un langage fort inattendu, et qui faisaitsensation parmi les royalistes. Il ne voulait pas servir, disait-il, legouvernement nouveau. Il ne le pouvait pas, attaché comme il l’avaitété à la maison de Bourbon ; mais il devait dire la vérité à ses amis.Personne en Europe n"était capable de tenir tète au premier consul ;généraux, ministres, rois, étaient scs inférieurs et ses dépendants. LesAnglais avaient passé pour lui de la haine à l'enthousiasme. Ce senti-|inent existait dans toutes les classes de la population britannique, etil y était extrême comme le sont tous les sentiments chez les Anglais .Il ne fallait donc pas compter sur l'Europe pour renverser le généralBonaparte. Il ne fallait pas non plus déshonorer la cause royaliste pard'odieux complots qui remplissaient d'horreur les honnêtes gens duinonde entier. Il fallait se soumettre, tout espérer du temps, et de ladouble difficulté de gouverner la France sans la royauté, de fonder uneroyauté sans la famille de Bourbon. Les vicissitudes infinies des révo-lutions pouvaient seules faire naître des chances qui n’existaient pasaujourd’hui en faveur des princes exilés. Mais , quoi qu’il arrivât,il fallait tout attendre de la France seule, de la France éclairée, reve-nue à de meilleurs sentiments, mais rien de l’étranger ni des conspi-rations. Ce langage singulier à force de sagesse, surtout dans la bouchede M. de Calonne causait un véritable étonnement, et faisait croireque M. de Calonne ne serait pas longtemps sans entrer en relationsavec le gouvernement consulaire. Il avait vu le consul Lebrun, quirecevait les royalistes du consentement du premier consul, et sciaitentretenu avec lui des affaires de la France . On disait même qu’il allaitdevenir pour les finances ce que M. de Tallcyrand était pour la diplo-matie, le grand seigneur rallié, prêtant son expérience, l'influence deson nom, au géniè du premier consul. Il n’en était rien cependant. Ilfallait au premier consul moins d'éclat d'esprit, mais plus d’applicationque n’en avait montré M. de Calonne, et il avait trouvé ce qui lui fal-fait dans M. Gaudin, qui avait introduit un ordre parfait dans nosfinances. Néanmoins, sur ce simple bruit, une foule de solliciteurs,récemment rentrés en France , et voulant suppléer à leur fortune pardes emplois, avaient entouré M. de Calonne, pensant qu'ils ne pop-