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LIVRE XIII.

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Vaient pas choisir auprès du nouveau gouvernement un introducteu^plus convenable, et qui justifiât mieux par son exemple leur adhésionau premier consul

1 II existait à Paris des agents des princes déchus, dont quelques-uns étaienlgens d'esprit, et quelquefois assez bien informés. Ces agents faisaient des rapportipresque quotidiens, dont j'ai parlé précédemment. Voici un extrait de ces rapport!relativement à M. de Calonne :

« M. de Calonne est de retour à Paris depuis un mois environ. Avant de quilleiSl'Angleterre il a eu une conférence avec les ministres, et il en a été parfaitementaccueilli. On lui a demandé si, en retournant en France , son projet n'était pas de]rentrer aussi dans l’administration. Il a répondu que ses principes, sa conduitlpendant la révolution et son dévouement à la famille royale, lui imposaient l’oblijgation de n'accepter aucune place des mains du nouveau gouvernement ; maiiqu’attaché à la France par goût et par instinct, il ne refuserait point de donnedes conseils, si on lui en demandait, et s’il les croyait avantageux à sa patrie.

» Son arrivée à Paris a fait une grande sensation. Il se voit tous les jours assiégéde visites et entouré de créatures, comme au moment le plus brillant desafortunÿet de son crédit. L’opinion qu'il va être élevé au ministère lui amène des nuéeide solliciteurs; et, pour s'y dérober, il a été obligé de fuir à la campagne. II mparaît pas cependant que cette opinion soit fondée ; et si jamais elle se réalise, c<ne sera pas encore à présent. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il devait être présenté]il y a quelques jours, à Bonaparte, et avoir une conférence secrète avec lui.

» Il voit tous ses anciens amis, et s’ouvre à eux avec une entière liberté. Témoi;de la faiblesse et de la nullité des puissances étrangères, il ne croit pas qu’on:puisse trouver en elles la moindre garantie contre l’invasion révolutionnaire, et'bien moins encore une protection eflicace pour la cause du roi. Il répété ce que’nous savions déjà depuis longtemps, que les hommes qui gouvernent en Europe ]sont des hommes sans moyens et sans caractère, qui ne connaissent point le temp;où ils vivent, qui ne savent ni juger le présent ni pressentir l'avenir, et qui sonégalement dépourvus du courage qui fait entreprendre et de la fermeté qui saipersévérer. Il les regarde tous comme livrés à Bonaparte, tremblants devant luiet prêts à exécuter humblement toutes ses volontés. Aussi est-il persuadé que cin’est qu’en France qu'on peut travailler à la restauration de la monarchie, non etse mettant en avant, et en fomentant de sots et de ridicules complots, plus propre:à déshonorer sa cause qu’à lui préparer de véritables succès, mais en s'occupant!sans bruit et sans éclat, du soin de rétablir l’opinion, de détruire la prévention,]d'affaiblir les craintes, de réunir tous les serviteurs du roi, et de les tenir prêts àprofiter en sa faveur de tous les événements que le cours naturel des choses doitamener.

» 3VI. de Calonne assure qu'en Angleterre l’enthousiasme pour Bonaparte esnon-seulement général, mais porté à un excès dont il est difficile de se faire uneidée. La cour et la ville, la capitale et les provinces, toutes les classes de [citoyens jdepuis les ministres jusqu’aux artisans, tous s'empressent de publier ses louanges,et chantent à l’envi ses victoires et l’éclat de son pouvoir. Au reste, cet enthou-siasme n'est pas particulier à l’Angleterre ; toute l’Europe en est, pour ainsi dire#,nfectée. De toutes parts on accourt à Paris pour voir le grand homme au moins ]une fois en sa vie, et la police a été obligée de menacer d’arrestation des Danois