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LIVRE XIII,

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violents, en voyant ce qui se faisait, en voyant l'autorité du premierconsul s'accroître, les idées monarchiques se répandre, une cour seformer aux Tuileries , le culte catholique restauré ou prêt à l'être, lesémigrés rentrer en foule. Les autres devenaient presque des roya-listes d'autrefois, tant ils étaient pressés de réagir, et de refaire unemonarchie, tant ils étaient disposés à s’accommoder même d un despo-tisme éclairé, pour tout résultat de 1 a révolution. En fait de despolisme éclairé, celui qui s'élevait en ce moment en France avait tantde génie, procurait un si doux repos, que la séduction était grande.Cependant la contradiction était poussée à ce point de part et d’autre,qu une crise devait bientôt s'ensuivre.

Le tribunal, agité les sessions précédentes, tantôt pour les lois definances, tantôt pour les tribunaux spéciaux, l’était cette année biendavantage, à l’aspect de tout ce qui se passait, à la vue de ce gouver-nement marchant si vile à son but. Le coucordat surtout l'indignaitcomme l’acte le plus contre-révolutionnaire qui se pùt imaginer. Lecode civil n’était pas, suivant lui, assez conforme à l égalité. Ces traitésde paix eux-mêmes, qui contenaient la grandeur de la France , lui dé-plaisaient dans leur rédaction, comme on le verra bientôt.

M. Sieyès , en voulant empêcher toute agitation au moyen de sesprécautions constitutionnelles, n’en avait, comme on le voit, empêchéaucune, car les constitutions ne créent pas les passions humaines et nesauraient les détruire; elles ne sont que la scène sur laquelle cespassions se produisent. En plaçant tout le sérieux, toute l’activité desaffaires dans le conseil d’Étal ; le bruit, la parole , la critique vainedans le tribunat; en réduisant celui-ci au rôle de plaider pour oucontre les actes du gouvernement, devant un corps législatif réduit àrépondre par oui ou par non; en plaçant au-dessus un sénat oisif,qui, «à de grands intervalles, élisait les hommes chargés de jouer cesdeux rôles assez vains dans les deux assemblées législatives ; en choi-sissant le personnel du gouvernement dans le même sens ; en plaçantles hommes propres aux affaires dans le conseil d’Etat, les hommespropres à la parole , enclins au bruit, dans le tribunat, les fatiguésobscurs dans le corps législatif, les fatigués d'un ordre élevé dans lesénat, M. Sieyès n’avait guère empêché les passions du temps d’écla-ter; il y avait même ajouté, il faut le dire, une certaine jalousie descorps entre eux. Le tribunat sentait la vanité déclamatoire de son rôle;le corps législatif sentait le ridicule de son silence , et contenait