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LE TRIBI'KAT.

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d’ailleurs beaucoup d'anciens prêtres sortis des ordres , organisés parl’abbé Grégoire en une opposition silencieuse, mais gênante. Le sénatlui-même , dont M. Sieyès avait voulu faire un vieillard opulent ettranquille, n’était pas aussi tranquille qu'il l’avait supposé. Ce corpsétait quelque peu ennuyé de sa dignité oisive, car les sénateurs étaientprivés de fonctions publiques, et leur puissance électorale, si rarementexercée, était loin d’occuper leur temps. Tous ensemble jalousaient leconseil d’État, qui partageait seul avec le premier consul la gloire desgrandes choses qui s’accomplissaient chaque jour.

Ainsi, cette société, M. Sieyès avait cru assoupir dans une espècede régime aristocratique, ù l'exemple de Venise ou de Gênes , s’agitaitencore comme un malade qui a un reste de fièvre, et pouvait être sou-mise, contenue par un maître , mais point endormie d'un paisiblesommeil, ainsi l’avait espéré son auteur.

Et, chose singu!ière,queM. Sieyès , inventeur de tous ces arrangementsconstitutionnels, en vertu desquels il régnait tant d'activité d’un côté-,si peu de l’autre, M. Sieyès arrivait à se fatiguer de sa propre inac-tion. Modéré , et même monarchique dans ses opinions, il aurait dûapprouver les actes du premier consul ; mais des causes, les unes iné-vitables , les autres accidentelles, commençaient à les brouiller. Cegrand esprit spéculatif, réduit à tout voir, à ne rien faire, devait ja-louser le génie actif et puissant qui allait chaque jour s'emparant dela France et du monde. M. Sieyès , dans les magnifiques œuvres dugénéral Bonaparte , voyait déjà le germe de ses fautes futures , et, s'ilne le disait pas encore très-hautement, il l'indiquait quelquefois parson silence, ou par un trait de son langage, profond comme sa pensée.Peut-être des ménagements de tous les instants auraient pu le calmer,le rattacher au premier eonsul. Mais celui-ci s'était un peu trop tôtregardé comme quitte envers M. Sieyès par le don de la terre deCrosne, et d’ailleurs, absorbé par scs travaux immenses, il avait tropnégligé l’homme supérieur qui lui avait si noblement cédé la premièreplace au 18 brumaire. M. Sieyès , oisif, jaloux, blessé, trouvait à re-dire même dans l’immensité du bien présent, et se montrait morose ^ froi-dement improbateur. Le premier consul n etait pas assez maître dg $t>iihumeur pour laisser tous les torts à ses adversaires. 11 parlait cavalière-ment de la métaphysique de M. Sieyès , de son ambition impuissante,et tenait à ce sujet mille propos immédiatement répétés et enveniméspar les malveillants. M. Sieyès avait à ses côtés quelques amis, tels quem. ' , 0