Band 
[3. - 4.]
Seite
207
JPEG-Download
 

I.E TRIBUNAT. 207

offrir à une nation? Cependant toutes ces choses furent, comme on vaie voir, fort mal accueillies.

La session du corps législatif fut ouverte cette fois avec une certainesolennité. Le ministre de l'intérieur était chargé de présider à cetteouverture. On fit de part et d'autre quelques discours d’apparat, et onsembla vouloir imiter les formes usitées en Angleterre, quand le par*lement est ouvert par commissaires. Ce nouveau cérémonial, empruntéà une royauté constitutionnelle , fut remarqué avec malveillance parles opposants. Le tribunat et le corps législatif se constituèrent, et oncommença ce genre de manifestations , par lesquelles les assembléesrévèlent volontiers leurs sentiments secrets, les choix de personnes. Lecorps législatif nomma pour son président M. Dupuis, l'auteur dulivre fameux sur l’origine de tous les cultes. M. Dupuis n était pasaussi opposant que son livre aurait pu le faire croire, car il avait avouéau premier consul, en s’entretenant avec lui, que la réconciliationavec Rome était nécessaire ; mais son nom avait une haute signification,dans un moment où le concordat était l’un des principaux griefs alléguéscontre la politique consulaire. L’intention était facile à saisir, et ellefut comprise par le public, surtout par le premier consul, qui s’enexagéra même la portée.

Les deux assemblées exerçant la puissance législative, c’est-à-dire letribunat et le corps législatif, étant constituées, trois conseillersd'Étal présentèrent l’exposé de la situation de la république. Cetexposé, dicté par le premier consul, était simpleet noble sous le rap-port du langage, magnifique sous le rapport des choses. Il fit surl’opinion publique un effet profond. Puis, le lendemain, une nom-breuse suite de conseillers d’Etat vint rapporter une série de projets delois, que bien rarement un gouvernement a l’occasion de présenter àdes chambres assemblées. C’étaient les projets destinés à convertir eulois les traités avec la Russie, avec la Bavière, avec Naples, avec le Por-tugal, avec l’Amérique, avec la Porte Ottomane . Le traité avec l’An-gleterre, conclu préalablement à Londres sous forme de préliminairesde paix, allait recevoir en ce moment, dans le congrès d'Amiens , laforme de traité définitif, et ne pouvait pas encore être soumis aux déli-bérations du corps législatif. Quant au concordat, on ne voulait pasl'exposer tout de suite à la mauvaise volonté des opposants. Le con-seiller d’État Portalis vint lire ensuite un discours demeuré célèbre, surl’ensemble du code civil. Les trois premiers titres de ce code furent